Dans le dixième tome du "Dernier Royaume", Pascal Quignard poursuit son travail sur un autre rapport à la langue avec "L'enfant d'Ingolstadt"d’après un conte des frères Grimm.

Pascal Quignard, écrivain, à Toulouse le 2 novembre 2011
Pascal Quignard, écrivain, à Toulouse le 2 novembre 2011 © Maxppp / FREDERIC CHARMEUX/PHOTOPQR/LA DEPECHE DU MIDI

Pascal Quignard a fait des études de philosophie avant d’enseigner à l’université de Vincennes ainsi qu’à l’École pratique des hautes études. Il publie un premier essai en 1969, "L’Être du balbutiement", consacré à Leopold von Sacher-Masoch qui lui permet de se faire remarquer par le milieu littéraire. Si son oeuvre est d’ores et déjà reconnue par ses pairs, c’est la parution des romans "Le Salon du Wurtemberg" et "Les Escaliers de Chambord" qui lui permet de rejoindre le grand public. Depuis, l’auteur poursuit la rédaction d’une oeuvre dense et singulière, aussi musicale qu’érudite, et qu’il définit lui-même d’ "agénérique". Il se consacre aujourd’hui principalement à l’écriture du cycle Dernier Royaume, amorcé en 2002 avec "Les ombres errantes" et avec le dixième tome qui vient de sortir aux Editions Gallimard

En s'inspirant des contes hérités du passé et de ce que l'on nomme sagesse populaire, Pascal Quignard développe  dans "L'enfant d'Ingolstadt", une nouvelle façon de penser nos origines et décortique la manière dont les croyances, les mythes, les légendes, se sont formés au fil des siècles et ont trouvé dans l'art et le rêve des formes d'expression privilégiées. Parce qu'ils ressassent indéfiniment des motifs préexistants en les adaptant au monde contemporain dans lequel ils s'inscrivent, l'art et le rêve écartent l'homme du vrai.

"Qu’est-ce que je cherche, tome après tome, dans Dernier Royaume ? Une autre façon de penser à la limite du rêve. Une façon de s’attacher au plus près de la lettre, à la fragmentation de la langue écrite, et d’avancer en décomposant les images des rêves, en désordonnant les formes verbales, en exhumant les textes sources. Quelle étrange falsification a lieu dans le rêve ? Dans le dessin qui naît sous les doigts ? Dans le langage qui gémit ? Dans la pensée qui hallucine ? Dans la musique même ? Quel est ce mystérieux fantôme ou appelant ?                                                            
Ce dixième tome de Dernier royaume n’a qu’un sujet : le faux qui fait le fond de l’âme. Le fond de l'âme hallucine. Le langage dédouble ses fantômes. Tous les arts élèvent des mondes faux. Même la dépression est un rêve.                                                            
L’art dès son origine témoigne activement d’un passé présent : d’un rêve actif qui passe les générations et remanie ce qu'il fait revenir. L’art de la préhistoire est une référence fondamentale pour toutes les populations humaines actuelles. C’est le véritable patrimoine. Ce sont peut-être même les seules traces d’un fond universel qui s’est dispersé avec la curiosité territoriale propre à l’espèce et l'éparpillement des langues qui sont impuissantes à offrir d'aussi saisissantes archives originaires au fond des mots dont elles usent." Pascal Quignard

Pastille sonore : Mireille Calle Gruber 

Choix musicaux : 

  • "Suite pour violoncelle et piano , op. 16" de Camille Saint Saëns par Maria Kliegel (violoncelle) et François-Joël Thiollier (piano)
  • Cesaria Evora : "Paradiso Atlantico" 

Générique : Veridis Quo des Daft Punk 

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