Avec sa voix rocailleuse qui sait faire swinguer, Paolo Conte est l'invité de l'Heure Bleue.

Paolo Conte, chanteur, auteur-compositeur-interprète, parolier et instrumentiste sur scène pendant JazzMi au Teatro degli Arcimboldi le 12 novembre 2018 à Milan.
Paolo Conte, chanteur, auteur-compositeur-interprète, parolier et instrumentiste sur scène pendant JazzMi au Teatro degli Arcimboldi le 12 novembre 2018 à Milan. © Getty / Sergione Infuso / Corbis

Chanteur, auteur, compositeur, pianiste et chef d’orchestre italien, Paolo Conte nourrit son inspiration, à la fois des romances de son pays, et à la fois des influences revendiquées du blues et du jazz.

Après s’être fait, dans les années soixante, une spécialité de ritournelles à succès pour les autres comme Adriano Celentano avec "Azzuro", Paolo Conte entame dans les années soixante-dix, une carrière en nom propre, où son élégance nonchalante séduit l’Europe entière.

Son dernier album sorti en novembre 2018 "Live in Caracalla - 50 Years of Azzurro" est issu des deux concerts exceptionnels qu’il a donnés dans les Thermes de Caracalla à Rome.

Extraits de l'entretien avec Paolo Conte

"Y compris pendant la Guerre et littéralement sous le nez des interdictions du fascisme, j'ai eu cette chance d'avoir des parents qui étaient jeunes et qui arrivaient à se procurer de la musique américaine essentiellement, mais aussi française… Ce qui était interdit à l'époque".

"Je n'ai pas une voix de chanteur, c'est certain, donc, je m'arrange, je m'organise…"

"J'aime beaucoup les années 20 (du XXe siècle). Ce sont les années de la grande révolution esthétique au plan musical, dans la peinture également dans la littérature"

Pour faire des chansons, "je travaille un peu comme un réalisateur. J'ai un petit espace dans lequel je dois faire que les choses se passent. Il faut que je fasse passer des images rapidement pour faire ressentir l'ambiance"

"Quand j'écris, je suis très intéressé par les énigmes, les casse-têtes, et j'utilise donc des jeux de mots, des doubles-sens" 

"Je viens du nord de l'Italie. Or, il faut savoir que dans la partie centre ou sud de l'Italie, on donnerait plutôt dans le madrigal ou le déclaratif, mais moi, je viens du Nord et j'ai plus tendance à faire un récit"

"Je recherche le sens de l'ailleurs (en français dans le texte), c'est-à-dire que j'ai cette espèce de pudeur qui fait que j'ai envie de raconter quelque chose qui peut arriver au quotidien, tout simplement. Dans la vie de tous les jours certes, mais moi, ce que je fais, c'est que cette chose-là je la mets sur un théâtre, peut être un petit peu haut en couleurs, un peu plus mystérieux, un peu plus théâtral" 

"Je veille à me tenir un peu éloigné d'un raisonnement d'intellectuel. L'intellectuel est un petit peu trop près de l'homme érudit, cet homme qui sait trop de choses. Je veux davantage de liberté que cela. Je veux être un peu plus sauvage que l'intellectuel"

"Je fais d'abord la musique, systématiquement, parce que la musique, naturellement nous renvoie vers des sensations abstraites. Après, je vais commencer à rédiger mon texte.Ça donne un certain corps, une certaine couleur, et tout prend son sens. C'est vraiment un travail au crayon et à la gomme pour ajuster les choses tout en essayant de rester proche des premières sensations que j'ai perçues au moment où j'ai écrit la musique" 

Références

Musiques : 

  • Carnaval de Vienne de Schumann, par Alicia de Larrocha Allegro 
  • Azzuro de Paolo Conte

Extraits d'archives : 

  • Archive Ina de 1958 : Francis Ponge définit ce qu’est un poète 
  • Archive Ina du 15 novembre 1966 : Pier Paolo Pasolini à propos de la vérité et de l’ébriété poétique 
  • Extrait de l’abécédaire avec Claire Parnet de 1996 : Gilles Deleuze à propos du concept de ritournelle.

Générique : Veridis Quo - Daft Punk 

L'équipe
Contact
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.