Avec son nouveau roman “La Vie lente”, l’écrivain marocain Abdellah Taïa poursuit son exploration de l’autofiction et nous plonge dans le Paris d’après les attentats de 2015.

Abdellah Taïa, écrivain et cinéaste, le 10 septembre 2013 à Toronto (Canada).
Abdellah Taïa, écrivain et cinéaste, le 10 septembre 2013 à Toronto (Canada). © Getty / Jeff Vespa / WireImage

La Vie lente est l’histoire d’une amitié entre Mounir, parisien homosexuel d’origine marocaine et de Madame Marty, sa voisine du dessus. Ces deux personnages vivent, ou plutôt survivent, dans de minuscules studios de la rue de Turenne. Leur amitié va s’intensifier jusqu’au déchirement

Je vis ici depuis trois ans. A cause de madame Marty et de l’autre voisine, l’Autrichienne, je ne dors pas. Je ne dors plus. J’ai perdu le contrôle aujourd’hui et j’ai dit des choses, des mots que je n’aurais pas dû prononcer. Je vais m’excuser. Je n’ai rien contre madame Marty. Juste son bruit. Ses pas. Boum. Boum. Boum… Je suis devenu un peu fou.

Dans ce dernier roman, on retrouve les thèmes majeurs d’Abdellah Taïa : l’homosexualité, la différence, la jeunesse, la révolte, l’exil, l’exclusion, le rejet de l’autre, l’incommunicabilité… mais aussi, des questionnements vifs et critiques sur la solidarité, l’entraide, la fraternité entre les peuples…

Les mots sont en moi au sens propre. Quand j’étais malade, petit , mon père écrivait des mots sur une assiette, il les effaçait ensuite avec de l’eau de fleur d’oranger, il soufflait dedans. Des mots sacrés , des mots du Coran ou du prophète. Il me faisait boire et il me disait que ça allait me guérir. Il me faisait boire les mots.

La pastille sonore : Frédéric Mitterrand

Choix musical : "Halat Malal", de Samira Saïd

Générique de l'émission : "Veridis Quo" des Daft Punk

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