Dans une vie, celle d'un d’amateur d’art, ça n’arrive qu’une fois et encore, pas toujours : découvrir un artiste, un grand et le révéler au monde. Dans celle d'un photographe, Il y a une rencontre qui allait être importante dans son travail, mais aussi dans sa vie d'homme.

Ceija Stojka, artiste, tenant une de ses toiles (Vienne-Auschwitz) dans le mémorial du camp de concentration de Bergen-Belsen, Allemagne le 1er mars 2003.
Ceija Stojka, artiste, tenant une de ses toiles (Vienne-Auschwitz) dans le mémorial du camp de concentration de Bergen-Belsen, Allemagne le 1er mars 2003. © Maxppp / RAINER JENSEN/EPA

L'artiste s'appelle Ceija Stojka. Elle fait partie de ces miraculées que la vie a -durement- épargnées. Née Rom, elle est déportée à l’âge de dix ans et survivra à trois camps de concentration. Deux ans d’emprisonnement dans des conditions inimaginables, qui se traduiront par quarante ans de silence. Mais à l’âge de cinquante cinq ans, Ceija Stojka décide de briser ce silence, devenu trop pesant. Bien que considérée comme analphabète, elle se fera aider pour rédiger plusieurs ouvrages, se mettra à peindre, et à dessiner pour lutter contre le racisme, le déni et l’oubli. Elle sera la première femme tzigane rescapée des camps de la mort, à témoigner du génocide. Jusqu'au 20 mai 2018, à La Maison Rouge une exposition réunit plus de ses cent trente œuvres. Celles-ci ont été réalisées sans ordre chronologique entre 1988 et 2012 mais permettent de retracer l’histoire de sa vie.  Antoine de Galbert collectionneur et fondateur de la Maison Rouge, viendra nous parler de cette exposition, de cette rencontre et de sa passion.

Mathieu Pernot, photographe, lui, a rencontré la famille Gorgan installée en France depuis près d’un siècle, une famille tsigane originaire d'Arles, qu'il a suivie pendant 20 ans. Il est l'un des commissaires de l'exposition "Mondes tsiganes. La fabrique des images" au Musée de l’histoire de l’immigration jusqu'au 26 août 2018. Riche de huit cent photos, elle donne à voir une autre vision des Tsiganes et permet de comprendre les origines d'une discrimination qui perdure encore aujourd'hui. Une exposition en deux volets qui explore le rapport de la photographie aux Roms, Manouches, Kalé-Gitans, perçus comme des éternels errants, comme menaçants et suspects, intrigants et fascinants ... Le premier volet montre par exemple la construction des stéréotypes dont ces communautés ont souvent été les victimes et le second volet, raconte l’expérience de Mathieu Pernot avec la famille Gorgan. 

Publications : 

Musique : "Me Dikhlem Suno" de Ceija Stojka

Archives : 

  • Archive Ina du 16 décembre 2009 du Soir 3 journal : Tony Gatlif parle du rejet de la mémoire dans la culture tsigane 
  • Extrait d’un discours de septembre 2010 à Vienne (non traduit) : Ceija Stojka dit non à la violence contre les Roms en Europe 
  • Archive Ina du 21 octobre 2013 au micro de Florian Delorme sur France Culture : Henriette Asseo donne sa vision historique de l’existence du peuple tsigane 

Générique : Veridis Quo des Daft Punk 

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