Écrivain, poète et critique littéraire, spécialiste du Marquis de Sade, mais également du surréalisme, une grande dame de la littérature est avec Laure Adler ce soir. Bienvenue à Annie Le Brun.

Annie Le Brun
Annie Le Brun © Philippe Matsas

Il peut être difficilement de résumer la biographie d’Annie Le Brun tant elle a fait au sein de la littérature et du monde artistique. Elle découvre le surréalisme en étant étudiante. Elle va dès lors côtoyer de grands noms de la scène artistique et se lancer dans l’écriture. 

Spécialiste de l’oeuvre du Marquis de Sade, qui fait partie de ces auteurs que l’on n’ose pas lire dans le métro, elle a édité chez Gallimard le catalogue d’exposition (et livre) Sade. Attaquer le soleil, venant de l’exposition du même nom qui fut proposée au Musée d’Orsay du 14 octobre 2014 au 25 janvier 2015. Elle y fait part au lecteur de ses impressions sur l’oeuvre de Sade en général et des liens créées entre les œuvres de l’exposition. Elle y développe l’idée que cette part de sensibilité dans l’oeuvre du Marquis de Sade enclenche au XIXème siècle une nouvelle idée du corps. 

Cet amour de Sade semble une manifestation de son désamour avec les féministes (qui se déclare dès la fin des années 70 avec les textes Vagit Prop, Lâchez tout et autres textes publié de nouveau en 2010 aux éditions du Sandre), comme Gisèle Halimi ou Benoîte Groult. En effet, en 1977, avec Lâchez tout, Annie Le Brun critique le moralisme qui caractérise le point de vue féministe militant sur la sexualité. Elle s'expliquera dans une interview publiée dans Libération en 2001 : « Dans militantisme, il y a militaire ; je suis du côté des déserteurs. Il faut en finir avec les meutes hurlantes, avec tous les corporatismes et singulièrement le corporatisme sexuel. Ecoutez-les, ces néo-féministes en sont venues à vouloir exercer un abominable terrorisme idéologique. Ce qu'elles veulent, c'est censurer Bataille, Lautréamont, Sade… »

Elle nous vient aujourd’hui pour la sortie de son livreCe qui n’a pas de prix – Beauté, laideur et politique publié chez Stock. Elle y interroge notre course à l’argent qui nous fait passer à côté de la recherche du Beau et de ce qui est essentiel (au sens de “l’essence” de la vie). Cette course est aussi une guerre, une guerre contre ce qui ne peut être acheté ou vendu, comme la nature, le rêve ou la passion. La finance se serait alliée à un certain art contemporain, permettant l’esthétisation de cette marchandisation à tout prix.

Documents sonores :

Pastille : Mathieu Terence

Choix musical : 

  • Benjamin Clementine, I won't complain (Ouverture de l’émission)
  • Haendel, extrait de Rinaldo, Lascia ch'io pianga
  • Antony and the Johnssons, Hope there´s someone live (cœur de l’émission)

Archives :

  • Archive Ina de 1951 : André Breton à propos du surréalisme 
  • Archive Ina du 22 mars 1948 : Pierre Reverdy à propos de la fonction poétique 

Générique : Veridis Quo des Daft Punk 

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