Qualifié de "fauve des fauves", inventeur d'un mouvement de déchaînement chromatique qu'il a lui-même dépassé, Henri Matisse a aspiré toute sa vie à la totalité. Après une incursion au Centre Pompidou, retour sur le parcours biographique, le goût du détail et du décor du peintre avec l'historien d'art Xavier Girard.

Le peintre, dessinateur, graveur et sculpteur Henri Matisse dessine le modèle Henriette vêtue en danseuse dans son atelier en 1927 à Nice.
Le peintre, dessinateur, graveur et sculpteur Henri Matisse dessine le modèle Henriette vêtue en danseuse dans son atelier en 1927 à Nice. © AFP / STAFF

Travailleur acharné, Henri Matisse a cherché à atteindre une maîtrise telle qu'elle laisse totalement place à la liberté du mouvement de la main. Convaincu de sa vocation à peindre, mais longtemps incompris de sa famille, il se forme sur le tard dans des académies de peinture, auprès de grands maîtres comme Gustave Moreau, croquant dans les couloirs du Louvre les statues et les peintures. Il acquiert progressivement une grande technique qui lui sert à rompre avec les codes de la peinture, approcher la matière et les couleurs, les formes et la lumière dans une geste radicale et novatrice. 

La découverte du pointillisme de Seurat et Signac, mais surtout la rencontre de la lumière blonde et dorée du sud méditerranéen lors de son voyage à Collioure vont amorcer chez lui une nouvelle esthétique, où rugissent les couleurs, où la peinture devient sauvage. Matisse devient fauve, influence toute une nouvelle génération de peintres par la fureur colorée qui se dégage de ses toiles. 

Aurélie Verdier, la commissaire de l'exposition "Matisse, comme un roman", revient ce soir sur cette période charnière de la vie du peintre, notamment avec l'exposition du Salon d'automne de 1905, à cause de laquelle le critique d'art Louis Vossel trouve le qualificatif, initialement péjoratif de "fauves" pour les œuvres des peintres qui y sont exposés. 

Comme l'explique la commissaire, 

le mot de fauve, qui avait effectivement été trouvé par un critique, Louis Vossel, était un mot que n’a jamais désavoué Matisse, probablement se trouvant assez en accord avec la sensualité que dégage cet animal, le félin ». 

Mais Matisse était un artiste qui refusait de rester dans sa zone de confort. Aurélie Verdier explique ainsi les raisons du départ à Tahiti de Matisse et revient sur la période assez mal comprise de son oeuvre dans les années 1920. 

L'historien de l'art, ancien directeur du Musée Matisse de Nice,  Xavier Girard, relate en deuxième partie d'émission cette vie voyageuse et aventureuse, le regard aiguisé du peintre depuis toujours à la composition des espaces, aux détails des choses, comme cela se reflètera dans sa propre manière de décorer sa maison ou de s'habiller. 

Auteur de "Matisse, une splendeur inouïe", Xavier Girard évoque également la beauté des nus matissiens et la singularité d'une peinture qui s'apparente à une danse, à la fois libre et dans le souci de l'échange avec le modèle. 

Archives

  • Archive Ina du 4 novembre 1954 (journaliste non identifiée) : Jean Cassou  à propos du visage de Matisse puis dit de lui qu’il est un fauve
  • Archive Ina du 18 novembre 1984 (au micro de Pierre Daix) : Pierre Schneider dit de Matisse qu’il est un homme du Nord.
  • Archive Ina du 13 juillet 1995 (au micro d’Olivier Germain Thomas) : Henri Cartier Bresson à propos de l’intérieur de la maison de Matisse où il a vécu et la vie autour de lui.  
  • Archive Ina du 24 août 1951 (journaliste non identifiée) : Marie Vassilieff à propos de sa rencontre et de ses premiers cours de peinture avec Henri Matisse
  • Archive Ina du 1er mars 1950 (au micro de Robert Saboul) : Henri Matisse parle de l'inspiration 

Musiques

  • Claude Nougaro, Armstrong 
  • Felicia Sanders, Oh heart of love 
  • Benjamin Biolay, Rue Saint-Louis en l'île 
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