Cet artiste mondialement reconnu expose partout, de l’Italie au Brésil en passant par Cuba et les États-Unis, mêlant sculpture, vidéo. Il vit entre Paris et Bandjoun au Cameroun.

Barthélémy Toguo, artiste, le 11 octobre 2016 au Centre Georges Pompidou.
Barthélémy Toguo, artiste, le 11 octobre 2016 au Centre Georges Pompidou. © Maxppp / Annie Viannet

Bandjoun qu'il a choisie pour installer son centre d'art contemporain culturel parce que Barthélémy Toguo est parti d’un constat : l’art classique africain se trouve aujourd’hui dans les musées occidentaux. Ce phénomène se reproduit avec l’art contemporain qui est, lui aussi, aux mains de l’Occident, car il n’existe pas de véritable marché de l’art sur le continent africain, et pas davantage de volonté politique de créer des musées qui permettraient d’empêcher la fuite des œuvres. C'est un centre culturel unique en Afrique : à la fois musée d’art contemporain, grâce à la collection que Barthélémy Toguo a réunie en échangeant au cours des années ses œuvres avec d’autres artistes et collectionneurs et qu’il a mis à la disposition du lieu. C'est aussi un centre de création artistique à travers des résidences d’artistes, des expositions temporaires, et des spectacles proposés sur place.

Parallèlement, il continue à créer, comme l'hiver dernier, où il exposait au Centre Georges-Pompidou "Vaincre le virus", une installation de vases en porcelaine dédiée la lutte contre les virus du sida et Ebola. Cette année, Barthélémy Toguo nous donne rendez-vous à la Galerie Lelong pour présenter "Strange Fruit", un ensemble d’œuvres réalisé pendant l’été. Le titre vous "parlera" peut-être puisque c'est une évocation de la chanson rendue célèbre par Billie Holiday. Une exposition, pour dénoncer la montée des violences racistes à travers le monde, composée entre autres par des corbeaux de bronze, perchés sur des branches desquelles pendront des dessins, et des chiens aux dents acérées. Au cœur de l’installation, un buste d’Ida B. Wells (1862-1931), sera là pour rappeler le rude combat contre la ségrégation et le lynchage mené par cette femme journaliste afro-américaine, méconnue en Europe, dont le livre "Les horreurs du Sud" n’a été traduit qu’en 2016, aux Editions Markus Haller à Genève.

Pastille sonore : Hans Ulrich Obrist 

Au téléphone avec les lauréats du Prix Marcel Duchamp 2017 : Joana Hadjithomas et Khalil Joreige   

Choix musical : Salif Keïta avec "_Madan_"

Archive Ina du 1er janvier 1950 : Albert Camus donne son idée de l’art 

Générique :  Veridis Quo des Daft Punk 

L'équipe
Nous contacter
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.