Elle aime la nuit, cette obscurité qui suscite aussi bien les rêves que les cauchemars, où se confondent l'imaginaire et le réel. Toutes les photographies de Sarah Moon sont ainsi imprégnées d'une atmosphère crépusculaire, d'une indétermination temporelle que son exposition "Passé Présent" au MAM permet de découvrir

La photographe Sarah Moon expose au Musée d'Art Moderne de Paris (MAM), "Passé présent", jusqu'au 10 janvier 2021.
La photographe Sarah Moon expose au Musée d'Art Moderne de Paris (MAM), "Passé présent", jusqu'au 10 janvier 2021. © AFP / AXEL HEIMKEN / DPA

L'univers artistique de Sarah Moon est teinté d'une sublime étrangeté, d'une beauté évaporée et déroutante. Ancienne mannequin, arrivée à la photographie par un hasard heureux, au cours d'un shooting photo où le photographe, fiévreux, a suggéré son nom pour le remplacer au pied levé, elle a révolutionné l'art de la photographie de mode. Sarah Moon immortalisait les modèles perdus dans leurs pensées, dans l'attente, créant des images flottantes, des femmes évanescentes, comme sorties de rêves. 

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Elle a aussi troqué le Nikon et le polaroïd pour la caméra, tournant de nombreux films, prenant pour sujet des artistes comme Henri Cartier Bresson, Lilian Bassmann ou André François, ou revisitant subtilement les contes de Perrault et d'Andersen. 

"La beauté est une hydre à mille têtes, on ne peut pas la définir en deux mots. La beauté de la jeunesse que j’ai photographié quand j’étais encore mannequin, porte l’éphémère. Elle a une fragilité extraordinaire, touchante. Mais il existe mille formes de beauté. C’est le regard qu’on porte sur les choses, les gens, la nature qui fait que chacun y voit midi à son heure. La beauté est multiforme. Il y a une beauté de la jeunesse comme de la vieillesse. Tout n’est pas que subjectif, il y a des évidences. Il y a cependant des choses qui résonnent plus en vous."

L'exposition du Musée d'Art Moderne de Paris "Passé présent", jusqu'au 10 janvier 2021, met en lumière ses clichés sépias ou en couleur, volontairement abîmés, imparfaits, où se côtoient des femmes longilignes, des jeunes enfants égarés avec des nains et des clowns. Les images que créent Sarah Moon donnent ainsi le sentiment d'une photographie échappant au temps, à la fois nostalgique et immédiate. Elle y raconte des histoires oniriques et mélancoliques, produisant une photographie narrative incomparable. 

Ce soir dans L'heure bleue, elle dévoile ses questionnements, du rapport à la beauté, au réel, du fait de passer du statut de regardée à celui de regardante. La photographe et cinéaste revient sur sa jeunesse, son parcours, ses amitiés et sa quête de vérité. 

"[Pour un film], on raconte une histoire avec un début et une fin.  C’est une course au trésor, malgré les embuscades. On est obligé de suivre un fil rouge. On réfléchit plus. Il y a une démarche différente de la photographie où c'est la spontanéité qu’on cherche, qui est intime, sans règle."

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