Écrivain et maître de conférences, Belinda Cannone vient ce soir pour “S’émerveiller” et “La tentation de Pénélope” respectivement publié et réédité chez Stock.

Belinda Cannone
Belinda Cannone © AFP / Ulf Andersen / Aurimages

Peut-on vous prêter cette citation d'Albert Einstein, Belinda Cannone ? 

Un homme qui n’est plus capable de s’émerveiller a pratiquement cessé de vivre

Car cela semble être la base même de votre livre S’émerveiller !

Belinda Cannone nous explique d’où vient l’émerveillement, à quel moment il surgit et à quoi il s’oppose dans notre monde qui nous oblige à aller vite constamment, plus vite que tout, si vite que l’on n’a même plus de temps pour se poser, se reposer et s’émerveiller devant les petites choses de la vie. 

En intellectualisant le sentiment d’émerveillement, Belinda Cannone tente de l’expliquer et de montrer en quoi il est important dans nos vies, en quoi il nous permet de nous développer intellectuellement, sans pétrifier notre pensée. Ce contre quoi l’auteur se bat dans La bétise s’améliore publié chez Stock. Elle y décrit le dialogue de trois personnages qui s'affrontent entre colère, philosophie morale et curiosité intellectuelle. 

En parallèle, la réédition de La tentation de Pénélope chez Stock s’attaque à un autre champ de compétences de Belinda Cannone : le désir, tout particulièrement celui de la femme. Elle s’empare du féminisme pour le remodeler, le renouveler et ainsi sortir de la guerre des sexes, tout en s’interrogeant sur la spécificité de la féminité. Au-delà du désir féminin, Belinda Cannone s’est également attaché au désir d’écrire avec L’écriture du désir publié chez Gallimard, qui est une autre manière d’exister, de se déployer dans le monde en y laissant une trace. 

Cohérente avec sa bibliographie, elle a salué le récent mouvement #MeToo avec une tribune publiée dans le quotidien Le Monde le 9 janvier 2018. Elle voit dans ce mouvement une manière de reconfigurer les relations hommes-femmes, comme elle l'explique dans une interview donnée à Libération le 21 février 2018 "Belinda Cannone, précieuse pas ridicule". L'auteur de l'interview ne semble pas opposer la tribune de Belinda Cannone à la tribune de Catherine Deneuve (signée avec une centaine de femmes) sur la liberté d'importuner, indispensable à la liberté sexuelle, mais semble la proposer comme une troisième voie pour de nouvelles relations hommes-femmes où le désir tient une place importante. 

Alors, émerveillons-nous et désirons ce soir avec Belinda Cannone !

Documents sonores :

Pastille sonore : Cécile Guilbert

Choix musical : La Valse à Margaux, Richard Galliano

Extraits de films : Eyes wild shut de Stanley Kubrick 

Archives : 

  • Archive Ina du 1er janvier 1952 (au micro d’André Parinaud) : André Breton à propos de L’amour fou  
  • Extrait de l’Abécédaire de Claire Parnet 1995 : Gilles Deleuze, "D comme désir"
  • Archive Ina du 24 février 2006 : Clément Rosset à propos du sentiment de la joie 

Générique : Veridis Quo des Daft Punk 

Les invités
L'équipe
Nous contacter
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.