Biographie ? Roman ? Témoignage ? Livre d’histoire ?

Michèle Sarde
Michèle Sarde © Hugo Moreno

C'est tout cela à la fois, c’est un témoignage historique, d’une vie, de la vie de la mère de l'écrivain et le déroulement de son enfance.

C’est aussi un livre sur la volonté, la force de vivre malgré l’horreur, la volonté de s’adapter aux circonstances, la fuite devant la destruction annoncée, et la « chance » d’être passé entre "les mailles du filets".

Née en Bretagne à la veille de la Seconde Guerre mondiale, Michèle Sarde retrace le parcours de sa famille. Elle raconte l'histoire de ces migrants venus de Salonique (Grèce) pour s’installer à Paris. Une assimilation réussie au cœur des années trente, jusqu'à l'arrivée des nazis. Jenny, sa mère, était juive séfarade originaire de l’Empire Ottoman où ses ancêtres s’étaient installés chassés d'Espagne par les Rois catholiques. Un livre sur le travail de mémoire, la transmission, la migration et la résilience.

"Alors durant mon enfance franco-française, autant que faire se pouvait, on n’évoquait jamais cette « origine » glauque, métèque, étrangère, qui avait stigmatisé ma mère comme mon père et continuait de le faire, au profit de l’origine saine et glorieuse, qui était la mienne, marquée par Charlemagne, Poitiers, Jeanne d’Arc, la bataille de Marignan, les révolutions, Austerlitz et Verdun. Des événements que ma mère et moi, l’une après l’autre, dans les classes enfantines du petit lycée Victor-Duruy, avions commémorés avec la ferveur des néophytes. Ma mère s’était imprégnée intimement de l’histoire de France, qu’elle me faisait répéter pendant ces années d’école primaire, et elle avait fini par se l’approprier de A à Z. À la fin de sa vie, dans les errements précédant l’agonie, malgré sa prodigieuse mémoire qui fut alerte jusqu’au bout, elle déclara à sa fidèle auxiliaire de vie, appointée pour s’occuper d’elle par le conseil général de son département, qu’elle était la fille de Gaston (d’Orléans ?) et Aliénor (d’Aquitaine ?). À des années-lumière de Sabbetaï et Myriam, ses père et mère biologiques, dont la filiation aurait pu lui coûter pire que la vie ! Cette glorieuse généalogie effaçait l’autre, dont ma mère ne voulait rien savoir ni me faire savoir ". Extrait du Prologue de "Revenir du silence : le récit de Jenny" de Michèle Sarde aux Éditions Julliard.

Pastille sonore : Annie Ernaux

Choix musicaux : Le chant des Partisans

  • Archive Ina non datée (au micro d’André Parinaud) : Colette à propos de ses souvenirs de l’œuvre de Marcel Proust
  • Archive INA de 1981 : Marguerite Yourcenar donne sa définition de l’artiste et ses contradictions.
  • Archives INA 9 février 2010 : Simone Veil à propos du rôle de la littérature pour faire perdurer les souvenirs de guerre.

Générique: Veridis Quo par les Daft Punk

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