Chaque année, la Monnaie de Paris ouvre ses portes à un artiste contemporain pour une grande exposition dans un lieu atypique, l'ancienne manufacture de monnaie de la capitale. Cette fois-ci, c'est Kiki Smith qui est invitée, une première dans une institution française. Dans l'Heure Bleue aussi !

Kiki Smith, artiste contemporaine féministe, le 12 septembre 2019 à New York.
Kiki Smith, artiste contemporaine féministe, le 12 septembre 2019 à New York. © Getty / Robin Marchant

Sculpture de femme à tête de loup ou Vénus à la chevelure d'étoiles sur papier fragile, c'est l'art du chaud et froid de la grande artiste américaine Kiki Smith qui vient s'exposer jusqu'au 9 février de l'année prochaine, à la Monnaie de Paris. Réunissant près d’une centaine d’œuvres, cette rétrospective promet de révéler toute l'alchimie et l'activisme, entre réalisme magique et tendresse de conte de fées.

Le parcours conduit à travers les thématiques majeures de l’artiste, parmi lesquelles la symbiose avec la nature, le corps humain, les figures féminines. Les œuvres présentées reflètent la grande diversité de la pratique de Kiki Smith, qui explore de nombreux medium : le bronze, le plâtre, le verre, la porcelaine, la tapisserie, le papier, ou encore la cire.

Depuis le début des années 1980, l’œuvre de Kiki Smith établit des analogies entre des techniques variées (dessin, sculpture, peinture sur verre) et le vivant. Sa production, marquée par un univers fantastique et l’art médiéval réagit avec une certaine virulence à son époque.

L'artiste envisage le corps comme le vecteur du savoir, de la croyance et de récits qui sont marqués par son éducation catholique et son engagement féministe. Souvent violentes et provocantes, nombre de ses œuvres par exemple celles des années 1980 sont en relation avec les grandes questions du temps. 

Au milieu des années 1980, en pleine crise épidémique du sida, elle signe des travaux autour des fluides corporels (Game time et ses douze bocaux de sang). Les excrétions, les excréments et les humeurs du corps sont représentés sans détour dans des sculptures comme Pee Body (1992), Train (1993), ou Trail (1992).

Engagée politiquement, elle fait régulièrement référence au corps féminin conçu comme terrain de combats.

Kiki Smith aime l'heure bleue, l'émission mais aussi cet intervalle incertain entre le jour et la nuit, réputée la meilleure pour sentir le parfum des fleurs, tout comme pour écouter le chant des oiseaux. 

Choix musicaux :

If You Were a Bluebird - The Flatlanders

The Goldberg Variations of Bach - Glenn Gould

Extrait de film : Peau d’âne de Jacques Demy ( pour le côté « conte » de son art ) 

Archives : 

· Archive Ina du 28 août 1999 : Louise Bourgeois à propos de son travail 

· Archive Ina du 24 novembre 1966 : Michel Foucault à propos du corps comme utopie 

Générique : Veridis Quo - Daft Punk 

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