Aujourd'hui, avec nous dans "L'heure bleue", Maysaloun Hamoud et Ariel Schweitzer pour la sortie du film, "Je danserais si je veux".

Maysaloun Hamoud reçoit un prix "Autre regard' pour son film Bar Bahar durant la cérémonie de fermeture du 64ème San Sebastian Film Festival le 24 septembre 2016 à San Sebastian en Espagne.
Maysaloun Hamoud reçoit un prix "Autre regard' pour son film Bar Bahar durant la cérémonie de fermeture du 64ème San Sebastian Film Festival le 24 septembre 2016 à San Sebastian en Espagne. © Getty / Carlos Alvarez

Maysaloun Hamoud vient avec nous aujourd’hui pour le film Bar Bahar (Je danserai si je veux), un premier film sur trois jeunes filles palestiniennes, Laila, Salma et Nour, amies et fêtardes qui souhaitent danser sans préjugés et sans chaines aux pieds dans la grande ville de Tel Aviv. Le film est en salles depuis le 12 avril 2017. Un spécialiste du cinéma israélien se tient également aux côtés de Laure Adler ce soir : Ariel Schweitzer.

Activiste, Maysaloun Hamoud (diplômée de la Minshaar for Art de Tel Aviv) ne se laisse pas intimider alors que les réactions des fondamentalistes au film sont extrêmement virulentes. Les sujets traités par le film comme l’homosexualité, l’alcool, le sexe sont proscris dans la société qu’elle évoque dans le film. S’attaquer aux tabous d’une société n’est jamais sans conséquences.

Pour une analyse plus détaillée mais plus globale du cinéma israélien, Ariel Schweitzer sera là. Il est l'auteur du Cinéma israélien de la modernité (2003) et plus récemment du Le nouveau cinéma israélien (2013) et collaborateur régulier de la revue Cahiers du cinéma. Dans son dernier livre, il décrit l’importance de la nouvelle génération de cinéastes israéliens nés dans les années 2000, qui vont contribuer à faire connaitre le cinéma israélien à l’international. Il rend hommage à Ronit Elkabetz, décédée des suites d’un cancer le 19 avril 2016, dont le frère Shlomi Elkabetz a produit le film de Maysaloun Hamoud. Elle incarnait le visage du nouveau cinéma israélien, et son investissement pour le droit des femmes en Israël nous est rappelé avec le film Je danserais si je veux.

Librement inspiré de ses propres expériences en Israël, Maysaloun Hamoud pointe du doigt le paradoxe d’une ville comme Tel Aviv, avide de modernité, mais encore empreinte de traditions. Dans une interview donnée au magazine Marie Claire, la jeune femme évoque le déclic de ce film : les printemps arabes qui ont permis à la population de retrouver une voix. Ainsi, on a crié à la condamnation de ce système patriarcal et traditionnel. Dans la même interview est émise l’idée que le film se rapprocherait de la série Girls, par Lena Dunham, mais en version israélienne. La réalisatrice semble aimer ce rapprochement et finit sur cette victoire : le film a suscité un débat. N’est-ce pas ce que l’on cherche dans toute œuvre ?

Vidéo Ina

Dans l'émission Des mots de minuit en 2004, Ronit Elkabetz parle de son rôle de mère prostituée dans le film Mon trésor de Keren Yedaya. Elle évoque également son approche du féminisme, ainsi que la place de la guerre dans le cinéma israélien.

Musiques du film : Demands, Tiny Fingers

Extraits du filmJe danserai si je veux :

  1. Nour dîne avec son mari, il lui dit qu’une femme doit rester à la maison et s’occuper des enfants.
  2. Laïla conclut avec son collègue avocat un marché pour un procès.
  3. Les trois personnages principaux piègent le fiancé de Nour pour conclure leur relation.

Archive Ina du 24 mai 2010 : Ronit Elkabetz à propos de la scène d’ouverture de son film Prendre femme (coréalisé avec son frère Schlomi Elkabetz) et de la tradition patriarcale israélienne.

Archive du 10 janvier 2017 : Avi Mograbi à propos de son film Entre les frontières, dans L'heure bleue.

Générique : Veridis Quo, Daft Punk

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