On ne connaît jamais le père et la mère qui nous ont fait. Edouard Louis publie son troisième roman, "Qui a tué mon père" (Seuil), sans point d'interrogation, un cri d'amour mais aussi un pamphlet politique.

Edouard Louis, écrivain pendant un débat à la Frankfurt Book Fair 2017, en Allemagne, le 12 octobre 2017.
Edouard Louis, écrivain pendant un débat à la Frankfurt Book Fair 2017, en Allemagne, le 12 octobre 2017. © AFP / Daniel ROLAND

"Qui a tué mon père" (Seuil) s'ouvre sur une hypothèse : "Si ce texte était un texte de théâtre, c'est avec ces mots là qu'il faudrait commencer : Un père et un fils sont à quelques mètres l'un de l'autre dans un grand espace, vaste et vide." Son histoire, Édouard Louis l'avait déjà racontée dans "En finir avec Eddy Bellegueule" (Seuil). 

Dans son nouveau livre, Edouard Louis continue à observer les autres pour se raconter lui-même, le texte est très court et se lit d'un coup. Il poursuit sa réflexion sur les mécanismes d'exclusion et de domination. Son premier livre publié est un ouvrage collectif qu'il a dirigé, sur Pierre Bourdieu.

L'écrivain a cette fois-ci, souhaité que l'on regarde en face la violence politique, à travers ce qu'elle fait, directement, de réformes en réduction des aides sociales, au corps de son père. D'ailleurs, il n'hésite pas à désigner nommément ceux que l'écrivain tient pour coupables, et remonte le fil des souvenirs. 

L'invitation d'Edouard Louis à lire son livre comme un texte de théâtre a été entendue par Stanislas Nordey, qui présentera une adaptation de "Qui a tué mon père" au théâtre en mars 2019. On pourra voir en 2019 également au théâtre un autre texte d'Edouard Louis, "Histoire de la violence" (Seuil, 2016), mis en scène par Thomas Ostermeier. 

Pastille sonore : Thomas Ostermeier 

Choix musical : Nina Simono avec "Don’t explain" 

Archives : 

  • Archive Ina du 27 décembre 2011 : Peter Handke à propos de sa famille et de sa mère
  • Archive Ina du 27 novembre 2002 (au micro de Colette Fellous ) : Pierre Michon à propos des « deux corps » de l’écrivain : corps putrescible et corps immortel.

Générique : Veridis Quo des Daft Punk  

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