Laure Adler nous revient ce soir avec un amoureux de la langue, des mots et des lettres, Jean-Michel Delacomptée, qui publie “Notre langue française” chez Fayard.

Jean-Michel Delacomptée
Jean-Michel Delacomptée © Patrice Normand / Opale / Leemage / Editions Fayard

Jean-Michel Delacomptée avec Notre langue française évoque cette langue qui semble d’abord avoir été inventée pour être écrite, avant d’être parlée. Cette langue française si chérie, tout au long de l’ouvrage a selon l’auteur une double vocation, politique puis esthétique, car elle permet un héritage riche, commun et ayant pour fonction d’élever la société, car elle est foncièrement littéraire et belle. 

Il soutient donc que perdre cet héritage porterait un coup fatal à la langue française. Car en perdant cette exigence et en tirant cette langue vers le bas, c’est notre civilisation qui partirait en fumée. Car la recherche de la beauté et du sens est la base même de cette langue française et qu’une standardisation ne ferait que lui faire perdre sa qualité. 

Mais qu’est-ce qu’appauvrir une langue ? Qu’est-ce que l’enrichir ? Est-ce faire entrer les termes “selfie” et “boloss” dans le Larousse ? Est-ce défendre une langue française fleurie comme on l’écrivait chez saint-Simon, plus tard chez Verlaine, ou encore plus tard chez Apollinaire ? 

Jean-Michel Delacomptée a travaillé toute sa vie avec de grands noms de la littérature. Ou plutôt a travaillé sur, car il a écrit un certain nombre de portraits littéraires, qui ne sont pas des biographies proprement dites, mais plutôt des portraits mêlant écriture romanesque, analyse et érudition. De La Boétie (Et qu'un seul soit l'ami chez Gallimard) à Racine (Racine en majesté publié chez Flammarion), en passant par Saint-Simon (La grandeur. Saint-Simon chez Gallimard) et Ambroise Paré (Ambroise Paré. La main savante chez Gallimard), publié dans de grandes maisons d’édition comme Gallimard (dans la collection « L’un et l’autre »), Flammarion ou Fayard, Jean-Michel Delacomptée n’a eu de cesse de décrire des époques, autant que des écritures et des écrivains afin de construire l’histoire de notre langue, à qui, on l’espère, il va rendre hommage ce soir. 

Documents sonores :

Pastille : Alain Borer 

Choix musical : Rameau, Rondeau des Indes Galantes (version de Marc Minkowski, soprano Magali Léger) 

Musique : Oxmo Puccino, Le marteau et la plume

Archives : 

  • Michel Simon lit un extrait de Voyage au bout de la nuit 
  • Conférence de presse en 1958 : Discours du Général de Gaulle son discours  ‘ Je ne commence pas une carrière de dictateur’  
  • Archive du 2 juin 2017 : Emmanuel Macron en anglais réagit au retrait américain de l’Accord de Paris sur le climat  
  • Archive Ina du 28 octobre 2010 : Gérard Genette à propos de son apprentissage du français

Générique : Veridis Quo des Daft Punk 

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