Deux étoiles ce soir dans l'Heure Bleue, quelle chance ! Deux passionnés de danse, qui ont déjà travaillé ensemble, plus précisément dans "Le songe de Médée".

Le chorégraphe de renommée internationale Angelin Preljocaj au Théâtre Bolchoï à Moscou, le 14 février 2011.
Le chorégraphe de renommée internationale Angelin Preljocaj au Théâtre Bolchoï à Moscou, le 14 février 2011. © Reuters / Denis Sinyakov

Angelin Preljocaj est depuis trente ans à la tête de la troupe qui porte son nom. Il est l'une des principales stars de la danse contemporaine en France et à l'international, et dit danser encore "tous les jours". Pour sa dernière création, il avait choisi de découvrir le monde fantastique du conte chinois "La peinture sur le mur", avec "La Fresque" (L’Extraordinaire Aventure), où il met en scène l’errance de deux voyageurs et la rencontre avec un amour surnaturel. Ce n'est pas tout, son premier ballet qu'il avait chorégraphié avec sa compagnie en 1996, "Roméo et Juliette", était revenu sur scène en décembre. Écrite dans le contexte des régimes totalitaires des pays de l’Est des années 90, la pièce du chorégraphe d'origine albanaise résonne aujourd'hui encore avec force.

Après ses adieux officiels à la scène de l'Opéra de Paris, Agnès Letestu est de retour, du côté des librairies. La ballerine a en effet sorti sa biographie, avec l'aide du journaliste danse Gérard Mannoni, intitulée "Danseuse Étoile", aux Éditions Buchet Chastel.

Agnès Letestu
Agnès Letestu © Maxppp / Michel Luccioni/PHOTOPQR/NICE MATIN

"(...) Les chorégraphies classiques s’apprennent comme des poèmes classiques. En poésie, l’enchaînement des mots a une logique spécifique, une logique musicale. Pour les chorégraphies classiques, tout, variation lente ou variation rapide, fonctionne avec les noms de pas, les structures et les rythmes appris et déjà pratiqués. Si la chorégraphie est bien réglée, si sa structure interne est cohérente, c’est facile. Dans le cas contraire, on bute toujours sur le même écueil parce que ça ne paraît pas logique dans la manière de se déplacer. Par exemple, si je fais un pas en tournant à droite et ensuite un saut qui mène dans la même direction, tout va dans le sens de la giration du corps. C’est facile à mémoriser. Mais si le chorégraphe demande un appel dans un sens et un saut dans l’autre sens, c’est plus difficile car ce n’est pas dans la logique organique du corps. Les chorégraphies bien réglées s’apprennent plus vite que les chorégraphies non structurées. Le corps les mémorise comme un texte. Il existe des repères communs. Chez Balanchine, tout sera très musical. En cas de petit trou de mémoire, on pourra se rattraper sur ce qui suit car ce sera forcément dans la logique du corps et de la musique. Le pas va nous revenir presque automatiquement. Mais il faut travailler des heures et des heures pour acquérir tous ces mécanismes et tous ces réflexes. C’est pourquoi les chorégraphies se travaillent un mois avant les spectacles. Il existe une mémoire du corps. Si vous avez répété un atterrissage de saut en allant vers la droite, enchaînant sur deux pas pour se rattraper et partir pour un manège vers la gauche et que survient un trou de mémoire, le corps va nous entraîner seul même si on ne sait plus très bien où on en est.(...)" Extrait de "Danseuse étoile" aux Éditions Buchet Chastel.

Pastille sonore : Bastien Vivés

Choix musicaux : Tame Impala avec Let it happen

Extraits de films :

"Polina, danser sa vie" réalisé par Valérie Müller et Angelin Preljocaj

  • Archive Ina du 11 juillet 1971 (traduit par Rosella Hightower) : Rudolf Noureev et son approche de l’interprétation et du travail avec la ballerine
  • Archive Ina du 4 juillet 1976 (au micro de Claude Samuel) : John Cage à propos du silence et de sa pièce

Archive Ina du 18 juin 1991 : Pina Bausch évoque la dimension de réalité et de quotidien dans son spectacle « Palermo, Palermo »

Générique : Veridis Quo des Daft Punk

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