Pour ce troisième épisode consacré à Simone de Beauvoir, c'est de son statut de modèle au sein du mouvement féministe qu'il sera question. Ludivine Bantigny, historienne des révolutions, vient éclairer pour L'heure bleue le rapport ambigu de la philosophe avec les mouvements féministes de son époque.

Ludivine Bantigny, historienne des révolutions,  invitée dans l'émission "Par Jupiter" sur France Inter le 20 mars 2019
Ludivine Bantigny, historienne des révolutions, invitée dans l'émission "Par Jupiter" sur France Inter le 20 mars 2019 © Capture d'écran/YouTube/France Inter

Simone de Beauvoir demeure, trente ans après sa mort, une référence omniprésente des mouvements féministes, qu'il s'agisse de lui rendre hommage ou de souligner les limites de ses théories. 

Pourtant, très indépendante d'esprit, elle a toujours été réticente à l'idée de devenir un modèle. Elle a longtemps refusé le qualificatif de féministe, car elle jugeait que le féminisme de l'époque ne prenait pas assez en compte la question des classes sociales. 

Pour Ludivine Bantigny, historienne des révolutions et militante féministe, Simone de Beauvoir est ainsi, dans une certaine mesure, une des premières penseuses de l'intersectionnalité. 

Cette indépendance de pensée se saisit également dans le texte "Une mort très douce" (1964), lu par Béatrice Dalle en première partie d'émission. 

Simone de Beauvoir y réinterroge les concepts de sa philosophie éthique et existentialiste face à l'âpreté de la réalité, celle de la mort de sa mère. Rapport à la vérité, à la dépendance envers autrui sont ainsi bouleversés par cette expérience traumatique qui irriguera l'écriture de son texte théorique "La vieillesse" (1970). 

Compositions musicales accompagnant le texte de Béatrice Dalle réalisées par Evie/Aurélie Viteau.  

Archives : 

  • Archive Ina du 14 mai 1985 (elle répond aux questions d’Anne Zelensky, Delphine Seyrig, Christine Delphy et Annie Sugier ) : Simone de Beauvoir à propos de son indépendance et du modèle qu’elle a pu être pour de nombreuses femmes.
  • Archive Ina du 13 juin 1978 : Simone de Beauvoir à propos du film « Promenade au pays de la vieillesse » de Marianne Ahrne et Pepo Angel et du traitement fait aux vieillards de Nanterre et Ivry

Musiques : 

  • Tant pis, tant pis pour moi, Juliette Greco
  • Crystalised, The XX 
  • Maquillage bleu, Raphaël 
Les invités
  • Ludivine BantignyMaître de conférences en histoire contemporaine à l'université de Rouen et chercheuse au Centre d'histoire de Sciences Po
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