Ce deuxième épisode de la série de L'heure bleue consacrée à Arthur Rimbaud interroge la métaphysique du poète, sa pensée de la Vérité, de la Beauté et de l'Espoir, à travers une archive du poète Yves Bonnefoy. L'écrivain Pierre Michon décrit ensuite les rapports de Rimbaud à sa famille, ses amis et amours.

L'écrivain Pierre Michon avec le prix Franz Kafka lors d'une cérémonie pour le prix littéraire international Franz Kafka organisé à l'ancien hôtel de ville de Prague le 22 octobre 2019 à Prague.
L'écrivain Pierre Michon avec le prix Franz Kafka lors d'une cérémonie pour le prix littéraire international Franz Kafka organisé à l'ancien hôtel de ville de Prague le 22 octobre 2019 à Prague. © AFP / Michal CIZEK

Lire les poèmes d'Arthur Rimbaud, c'est faire une expérience bouleversante, déconcertante, presque, finalement, mystique. Le poète renverse toutes les valeurs, réinterroge le bien et le mal dans la morale, dans la religion, dans la sexualité. Ce que voulait Rimbaud, c'était "changer la vie" même. 

Ce nouveau rapport au réel et à l'être qu'instaure le poète, tel un nouveau crédo religieux, c'est le poète Yves Bonnefoy (1923-2016), auteur notamment de "Notre besoin de Rimbaud" (Seuil, 2009), qu'on peut entendre ce soir sur L'heure bleue grâce à une archive sonore, qui l'explique avec le plus de limpidité. 

" L’objet de sa méditation c’est le bien et le mal, tels qu’ils sont pour lui, tels qu’ils se présentèrent dans sa sexualité, sa religion, sa morale de tous les jours. Ce qu’il veut changer, c’est la vie même, notre comportement profond, instinctif devant l’absolu. Ce qu’il veut retrouver, ce n’est rien d’autre que la réconciliation authentique de notre être avec le réel, et le maître mot de son œuvre, ce n’est pas justice mais c’est amour, cet amour dont il dit qu’il faut le réinventer."

Yves Bonnefoy montre aussi tout le potentiel révolutionnaire que contient la poésie rimbaldienne, sa force de transformation sociale, et son renouvellement de la conception du poème, où art et vérité ne peuvent plus désormais être dissociés. 

Pour l'écrivain Pierre Michon, qui s'entretient en fin d'émission avec Laure Adler, cette puissance des messages renfermés dans les mots de Rimbaud a quelque chose d'exceptionnel, d'unique en littérature, qui rapproche sa poésie de la prose des prophètes de l'Ancien Testament. C'est pourquoi aussi la poésie de Rimbaud fait, selon lui, peur, notamment du fait de la pureté de sa phrase et de son style. 

Auteur de "Rimbaud le fils" (Gallimard, 1991), livre dans lequel il étudiait les rapports de Rimbaud à sa famille et revenait sur les différentes rencontres déterminantes du poète, Pierre Michon évoque ce soir la proximité du caractère de Rimbaud avec celui de son frère Frédéric, l'arrivée du jeune poète à Paris, son désir de gloire et ses ambitions déçues. 

En première partie d'émission, comme chaque soir de cette semaine, vous pourrez vous laisser bercer par la musique des mots des "Illuminations" d'Arthur Rimbaud, lues par le chanteur, écrivain et poète Bertrand Belin. 

L'accompagnement musical qui rythme ces lectures a été composé par Evie/Aurélie Viteau. 

Archives :

  • Archive Ina du 25 décembre 1950 ( au micro de Robert Mallet ) : Paul Léautaud donne son opinion sur Rimbaud et notamment « Le Bateau ivre »
  • Archive Ina de 1991 : Léo Ferré parle de sa fascination pour Rimbaud et Verlaine

Musiques : 

  • Le bateau ivre, Léo Ferré 
  • Ghetto défendant, The Clash 
  • Attendre, Yael Naïm 

Générique Veridis Quo des Daft Punk 

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