La littérature d’Annie Ernaux joue donc un rôle important dans l’apprentissage de l’Homme et son développement. Notre traversée de l’œuvre d’Annie Ernaux se termine ce soir avec un dernier épisode consacré à la romancière.

L'écrivaine Annie Ernaux, le 20 septembre 2019 à Pollença, (Majorque) lauréate du Prix ​​Formentor.
L'écrivaine Annie Ernaux, le 20 septembre 2019 à Pollença, (Majorque) lauréate du Prix ​​Formentor. © Maxppp / CATI CLADERA/EFE/Newscom

Lire l’oeuvre d’Annie Ernaux c’est se comprendre soi même. Le caractère autobiographique de ses livres provoque un questionnement social. En effet, le dévoilement de l’auteur entraîne celui de ses lecteurs qui se retrouvent dans certains récits.

L’autofiction, qu’elle prône comme un genre littéraire, part de l’individuel pour rejoindre le collectif. La littérature d’Annie Ernaux joue donc un rôle important dans l’apprentissage de l’Homme et son développement. Sa parole est précieuse, elle est dans l’Heure Bleue ce soir : 

"Nous mutions. Nous ne connaissions pas notre forme nouvelle" dans "Les Années" 

"Aujourd'hui, nous ne connaissons pas davantage notre forme nouvelle. Il faut beaucoup de temps, et ce sera plutôt le travail des historiens pour pouvoir mettre des mots et pouvoir détailler, comprendre cette forme nouvelle. Mais je crois qu'on peut la sentir. Au moment où j'écris en 2007, il est certain que cette phrase peut-être n’avait pas encore beaucoup de sens pour la majorité des gens. 

Il fallait avoir écrit comme moi pendant des mois, des années même, sur ces changements pour s'en rendre compte. 

Il est évident qu'il y a une mutation rapide comme on n'en a jamais connu dans notre histoire. C'est donc d'autant plus difficile sans doute à appréhender. Toute époque a été évidemment inconsciente de son avenir, en sachant qu'il arriverait. Je vous cite Laurent Terzieff : "Toute époque a un avenir qui meurt avec elle". Ce que nous sommes actuellement, dans cinq ans, nous ne serons plus les mêmes."

"Les Années" a aussi un goût amer

"Dans les années après-guerre, le goût de l'avenir est immense. Même dans les années 1970. Dans les années 1980, il y a une déperdition. Et il y a Mitterrand. Puis, on a l'impression qu'au fur et à mesure que cette décennie des années 1980 se poursuit, on manque de plus en plus d'espérance. On ne peut pas parler de l'état actuel : c'est le comble de l'anémie. Les choses perdent de leur sens. Et on est coupé du passé, plus qu'auparavant."

La suite est à écouter...

L'extrait du livre Les Années d'Annie Ernaux est lu par Isabelle Huppert. 

Cette émission est une rediffusion du 14 avril 2017.

Aller plus loin 

L'équipe
Contact
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.