Kar Kar veut dire en malien "casser-casser", et c'est le surnom affectueux que l'on lui donnait en référence au dribble du football qu'il pratiquait assidûment avec du talent pendant sa jeunesse.

Boubacar Traoré, chanteur, guitariste et compositeur de chansons en concert pendant le Paris Jazz Festival le 11 juillet 2015.
Boubacar Traoré, chanteur, guitariste et compositeur de chansons en concert pendant le Paris Jazz Festival le 11 juillet 2015. © Maxppp / ERIC BALEDENT

Et du talent, Boubacar Traoré en a !

Dans les années 1960, il a commencé à se faire connaître pour son écriture musicale et son style de guitare unique, un modèle qui a finalement été imité par de nombreux artistes plus connus des décennies plus tard. Sa renommée s'est brusquement interrompue avec le renversement du gouvernement malien en 1968, et vu comme un favori du régime précédent, il a été marginalisé à la télévision et à la radio qui l'avait rendu célèbre.  

Bluesman, pionnier de la musique mandingue avec entre autres "Mali Twist", Boubacar Traoré revient avec "Dounia Tabolo", un album enregistré en Louisiane avec l'harmoniciste français Vincent Bucher et le percussionniste malien Alassane Samaké. Histoire de remonter à la source d'une de ses inspirations, il a fait le chemin inverse, du Mali, il est allé dans le Mississippi. Pour son nouvel album, il a souhaité aller plus loin dans cette ouverture, en invitant des musiciens du Sud des Etats-Unis croisés lors de ses tournées, comme Cédric Watson au violon et au washboard, et Corey Harris à la guitare. Et lorsqu'il leur a fait part de son désir d'ajouter un violoncelle et une voix féminine sur l'album, c'est Cédric Watson qui lui a suggéré Leyla McCalla. L'idée de Boubacar Traoré était de changer les couleurs de ses chansons (standards ou nouvelles) tout en gardant leur cachet original. A plus de 70 ans, sa légendaire casquette vissée sur la tête, silhouette voûtée, avec dans les yeux de la mélancolie mais un grand sourire espiègle, ce rare vétéran du blues mandingue n'a pas l'intention de raccrocher et le dira ce soir dans l'Heure Bleue !

►►►Jusqu'au 25 février, à la Fondation Cartier de Paris, a lieu l'exposition des œuvres du photographe Malick Sidibé intitulée "Mali Twist", hommage au tube qui a fait connaître Boubacar Traoré en 1963.

Pastille sonore : Lieve Joris

Choix musical :  Otis Redding avec "Fa-Fa-Fa-Fa-Fa (Sad Song)" 

Archives : 

  • Archive Ina du 25 avril 1963 : Pelé au micro de à propos de ses débuts et de l’équipe de football du Brésil 
  • Extrait de la conférence de presse enregistrée à Londres, archive INA du 6 juin 1961 : Modibo Keita à propos de la politique internationale du Mali

Générique : Veridis Quo des Daft Punk 

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