Une Heure Bleue magique ce soir avec un joli dialogue autour d’histoires qui nous emmèneront en Amazonie et dans un groupe Hopi d’Arizona.

Collier chaman: dents de panthère, grains magiques - Groupe ethnique Shuar - Amazonie équatorienne.
Collier chaman: dents de panthère, grains magiques - Groupe ethnique Shuar - Amazonie équatorienne. © Getty / Francois ANCELLET/Gamma-Rapho

S'inspirant de ses nombreux voyages à Sarajacu, une communauté aux marges de la forêt amazonienne, Anne Sibran dans "Enfance d’un chaman" fait le récit romancé de la vie de Lucero Tanguila, le fils de Cristobal et de Sisa, qui, dès l'enfance, traverse les rites d'une dure initiation chamanique. Soignant la communauté de son village, il est, à l'époque de la déforestation, le témoin d'une civilisation en voie de disparition.

"Une brûlure violente court le long de ton dos. Tu t’éveilles. À cet arôme, tu reconnais les termites. Tu écrasais, leur chemin. Tu t’écartes, secoues ta chemise, fais tomber les insectes. La nuit est si sombre que tu préfères ne pas ouvrir les yeux. Tu te rendors. Un peu plus tard, tu t’éveilles encore à l’arrêt de la pluie. Le chant de la forêt est déjà entré en toi. Désormais, de jour comme de nuit, chaque changement de musique, chaque pulsation te dressera, attentif, comme si la moindre modification de lumière, la surgie d’un oiseau ou d’un vent coulaient dans tes veines aussi. La peur t’a quitté. Devant, tu devines la silhouette des feuilles au sortir du grand tronc. Les grenouilles chantent, relayées par les cigales, le dialogue intermittent de deux hiboux, dont l’un semble perché plus haut dans l’arbre. Bordé ainsi de sciure tiède, tu te sens presque bien. Une joie furtive te traverse. L’impression que le tronc respire doucement, qu’il te protège. Une fois encore tu te rendors". Extrait de "Enfance d'un Chaman" d'Anne Sibran aux Éditions Gallimard

Bérengère Cournut a écrit "Née contente à Oraibi" à la première personne du singulier, dans les pas de Tayatitaawa, jeune fille orpheline amérindienne d'Arizona élevée dans une communauté Hopi que l’on suit de sa naissance à son départ d’Oraibi.

"À mon premier réveil dans la nuit, j’ai été surprise de constater que des étoiles étaient tombées sur le plateau. Etait-ce un nouveau tour de Coyotte ? Curieusement, elles s’étaient rassemblées pour former un chemin qui montait au sommet de la butte qui m’abritait. Intriguée j’ai repoussé ma couverture, chaussé mes mocassins et suivi ce chemin. Arrivé en haut, il passait de l’autre côté pour rejoindre une butte, plus élevée. Je suis donc descendue et remontée. Là-haut, j’ai découvert que Coyotte n’y était pour rien : c’était Honahöhöya qui était en train de perdre ces étoiles ! Elle en portait toute une montagne sur son dos, dans une grande hotte, et la hotte était si pleine que les étoiles en tombaient à chacun de ses pas. Je l’ai appelée, appelée, mais Honahöhöqya ne s’est pas retournée. Au bout d’un moment, elle a seulement redressé sa hotte, et levé sa main en signe de remerciement. Ainsi a-t-elle cessé de perdre ses étoiles et sa silhouette s’est éloignée sur le plateau, en direction de Moenkopi. Il n’y avait plus de chemin à suivre.""Extrait de Née contente à Oraibi" de Bérengère Cournut aux Éditions Le Tripode

Extrait sonores d’Amazonie : ‘’Dans la lagune’’

  • Choix Musical d’Anne Sibran : Hugues de Courson et Pierre Akendenque avec ‘’ Sankada’’
  • Choix musical de Bérangère Cournut : Graeme Allwright avec ‘’Jusqu'à la ceinture’’

Générique : "Veridis Quo" des Daft Punk

►►►Frontière de vie, le site officiel européen d'appui au projet du peuple Kichwa de Sarayaku


L'équipe
Mots-clés :
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.