Ce soir, un moment de philosophie autour de Spinoza et de sa conception politique avec Etienne Balibar, auteur de “Spinoza politique : le transindividuel” publié aux PUF.

Etienne Balibar
Etienne Balibar © AFP / Ulf Andersen / Aurimages

Dans cet ouvrage Spinoza politique : le transindividuel qui reprend toutes les études qu’Etienne Balibar a consacré au Spinoza politique, on y décortique autant la relation du philosophe avec la politique de son temps qu’à sa théorie générale du concept de politique. De ces études naît le terme transindividualité, qui s’intègre dans sa réflexion avec le concept de démocratie, car comment gouverner en démocratie alors que le peuple n’est pas indivisible, mais plutôt une entité multiple et complexe. L’écrivain passe par la communication, l’éthique en s’appuyant notamment sur Le traité théologico-politique écrit par Spinoza et sur l’un de ses concepts “la crainte des masses” (déjà repris de Tacite).

Professeur émérite à l’Université de Paris-Nanterre-Paris-X, il a également été professeur de littérature comparée, affilié au département d’anthropologie, à l’Université de Californie - Irvine, et a enseigné dans les universités d'Alger, Leiden, Urbino, Columbia University of New York, Utrecht, Birkbeck College London. Il a été influencé tout au long de sa vie par la philosophie de Louis Althusser, Karl Marx et bien sûr Spinoza. Il travaille l'épistémologie, la philosophie politique, l'anthropologie philosophique. Il fonde en 1982, avec Dominique Lecourt, la collection « Pratiques théoriques » aux Presses universitaires de France.

Autant qu’un personnage littéraire, Etienne Balibar est un personnage cinématographique. Il a plusieurs fois tourné avec Thomas Lacoste, notamment dans le film Notre monde, dans lequel le réalisateur propose de faire de la politique, mais autrement (si possible…). Vous pouvez trouver son intervention sur le site officiel du film, comme toutes les autres interventions des protagonistes du film (3ème intervention sur la première ligne en partant de la gauche). 

Au vu de son parcours, on ne peut s’attendre à autre chose qu’un engagement politique fort de la part d’Etienne Balibar, il l’explique notamment dans une interview donnée à Télérama en 2011. Opposé à la guerre d’Algérie en son temps, possédant la carte du parti communiste dont il est exclu dans les années 80, il revenait dans cet entretien sur la notion d’”étranger” devenu ennemi au fil du temps et sur la notion d’”hospitalité”. Profondément européen, il établit la notion d’étranger comme stranger en anglais, comme une constante anthropologique, mais dont le contenu varie irrémédiablement selon les époques. Plus proche de nous aujourd’hui, il témoigne de son soutien aux cheminots dans leur grève contre les réformes du Président de la République Emmanuel Macron avec cette lettre publiée dans le journal L’Humanité le 19 avril 2018.

Documents sonores :

Pastille sonore : Frédéric Worms 

Choix musicaux : La plainte (ou mort) de Didon à la fin du "Didon et Enée" de Purcell 

Archives : 

Archive Ina non datée : Louis Althusser à propos de la notion de civilisation et de la pensée du 18ème siècle 

Générique : Veridis Quo des Daft Punk 

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