Pour cette ultime émission autour d'Arthur Rimbaud, poète rebelle, aussi infernal que libre, l'écrivain Alain Borer, l'éditeur Jean-Luc Barré et l'artiste Ernest Pignon-Ernest éclairent cette vie de maudit errant, une vie qui est, en elle-même, un manifeste poétique.

Buste d'Arthur Rimbaud par Paterne Berrichon en 1901au Musée Arthur Rimbaud à Charleville-Mézières.
Buste d'Arthur Rimbaud par Paterne Berrichon en 1901au Musée Arthur Rimbaud à Charleville-Mézières. © AFP / J-F ROLLINGER

Ce soir, ce n'est pas un, ni deux, mais trois Rimbaldiens que L'heure bleue a convoqués pour parler du poète maudit, de sa vie et de son œuvre. 

C'est d'abord le grand poète et écrivain, spécialiste de Rimbaud, Alain Borer qui vient nous parler de l'indissociabilité de la poésie et de la vie dans l'œuvre de l'auteur du Bateau ivre

Arthur Rimbaud souhaitait en effet faire une "poévie", une poésie qui intégrait complètement le réel, et une vie qui en retour devait être placée, comme pour la poésie, sous le signe de la liberté la plus totale et absolue, impliquant le "long et immense dérèglement de tous les sens". 

C'est pourquoi l'écrivain et poète Alain Borer a entrepris plusieurs voyages sur les traces de cet homme aux semelles de vents, qui, selon l'expression de Paul Verlaine, était "le plus libre de tous les libres". Il en a tiré plusieurs ouvrages, notamment "Rimbaud en Abyssinie" et "Rimbaud : L'heure de la fuite",  essentiels pour approcher la vie de ce poète-brigand. 

L'artiste Ernest Pignon Ernest, qui a révolutionné l'art du street art au début des années 1960, vient ensuite expliquer comment la découverte du poète à l'âge de 13 ans a bouleversé sa vision du monde. Il a réalisé en 1978 une affiche de Rimbaud à partir de la photographie d'Etienne Carjat de 1871, qu'il a collé ensuite un peu plus de 400 fois sur le chemin de Charleville à Paris, suivant les traces du poète. Il explique pourquoi il aurait été contradictoire de faire un Rimbaud en bronze ou en marbre, et pourquoi il a choisi d'utiliser du papier mâché, matériau éphémère, qui permettait, selon lui, d'immortaliser le poète, tout en rendant compte de sa liberté : 

"Je voulais qu’il apparaisse toujours comme sur le départ, toujours en alerte. J’ai mis longtemps à faire ce dessin, qui était nourri bien sûr de la sublime photo de Carjat, mais aussi du tableau de Fantin Latour du coin de table. Et puis, je crois que les gens qui ont rencontré mon image sentaient qu'elle était investie de quelque chose, mais aussi qu’elle allait disparaître. C’était sa fragilité qui était ce qu’elle avait de plus rimbaldien. (…) La mort annoncée de l’image, c’est ce qu’il y avait de rimbaldien dans ce projet."

Quand à l'éditeur et historien Jean-Luc Barré, à l'initiative de la récente pétition pour la panthéonisation du couple infernal Arthur Rimbaud-Paul Verlaine, qui avait trouvé écho jusqu'au ministère de la Culture, il revient notamment sur ce qu'incarnent et représentent hier comme aujourd'hui ces deux amants maudits. 

Comme dans chaque épisode de cette série, vous pourrez, en première partie d'émission, vous laisser bercer par la musique des mots des "Illuminations" d'Arthur Rimbaud, lues par le chanteur, écrivain et poète Bertrand Belin. 

L'accompagnement musical qui rythme ces lectures a été composé par Evie/Aurélie Viteau. 

Archives

  • Archive Ina du 27 février 1995, enregistrement 1989  ( au micro de Jean Luc Leray et Patrick Chompre ) : Serge Gainsbourg, son intérêt pour Rimbaud et son projet de l’interpréter
  • Archive Ina du 1er janvier 1955 ( au André Fraigneau ) : Jean Cocteau donne sa définition de l’obscurité étincelante de Rimbaud

Musiques : 

  • L'absinthe, Barbara 
  • Horizons into battlegrounds, Woodkid 
  • Hypernuit, Bertrand Belin 

Pour prolonger ce voyage au sein de l'oeuvre de Rimbaud, voici une sélection d'ouvrages qui ont aidé à préparer l'émission : 

- Notre besoin de Rimbaud, Yves Bonnefoy, Seuil, 2009

- Rimbaud, Yves Bonnefoy, Seuil,  1994

- Rimbaud en Abyssinie, Alain Borer, Seuil, 1984

- Rimbaud, l'heure de la fuite, Gallimard, 1991  

- Rimbaud, le fils,  Pierre Michon, Folio, 1993 

- Rimbaud, Jean-Jacques Lefrère, Robert Laffont, préface de Frédéric Martel, 2020 

- Rimbaud, Jean-Baptiste Baronian, Folio, 2009 

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