Avec une histoire qui se déroule intégralement dans le huis clos du bureau d'un juge d'instruction où un homme remonte le fil de sa vie pour expliquer son crime.

Tanguy Viel lors d'une séance photo à Paris le 11 janvier 2017.
Tanguy Viel lors d'une séance photo à Paris le 11 janvier 2017. © AFP / JOEL SAGET

Avec "Article 353 du Code pénal", Tanguy Viel signe son septième roman. Il a choisi pour décor, sa terre de Bretagne, et pour "héros" : un père de famille devenu meurtrier, sur fond de faillite des promesses socialistes, l'histoire d’un ouvrier breton floué par la vie et conduit à l’irréparable. Un drame social qui ausculte jusqu'à l'os la lutte des classes.

"Quand la police a sonné chez moi quelques heures plus tard, non, je n’ai pas été surpris. Je n’aurais pas su dire si c’était la gendarmerie ou la police nationale mais je sais qu’ils étaient quatre, deux en uniforme devant la porte, deux autres à peine plus discrets dans la fourgonnette au bout de l’allée. Sans doute, j’ai l’âme assez coupable pour ne pas être surpris de voir la loi fondre sur moi comme une buse et déjà planter ses griffes dans mes épaules. Et comme j’y pense désormais, même si je les avais vus venir de loin, même si j’avais scruté aux jumelles leur présence sur la route et que j’avais compris qu’ils étaient là pour moi, je n’aurais pas fait autrement. Même s’ils m’avaient suivi depuis l’aube, j’aurais fait pareil, pareillement jeté Antoine Lazenec à l’eau, pareillement garé le bateau à sa même place, suivi le chenal qui mène au port de plaisance, pareillement respecté les bouées vertes et rouges comme des signaux ferroviaires, avec toujours cette mouette posée à l’arrière du bateau et qui peut-être attendait que je la paye pour partir. Elle, la mouette, dans son œil rond sans paupière on aurait dit qu’elle insistait pour faire partie de l’histoire, comme un témoin inflexible qui pourrait se tenir à la barre d tous les tribunaux du monde. Et j’avais juste envie de lui dire que j’irais de moi-même, au tribunal, que je n’avais pas l’intention de me soustraire à la loi. J’avais envie de lui dire : moi aussi, je suis une mouette, moi aussi je plane au-dessus de l’eau, je sens bien que je n’ai plus de chair vraiment …" Extrait de "Article 353 du Code pénal" de Tanguy Viel aux Éditions Minuit

Choix musical : Pixies avec “Where is my mind”

Musiques :

  • Jim Sullivan avec “Plain as your eyes can see”
  • Julio Iglesias avec “Vous les femmes”

Extrait de film : "Le limier" de Joseph Mankievitch (1972) avec la Bande Originale du Film "Black Arrival"

  • Archive Ina du 4 juin 2000 : W.G Sebald parle de son rapport aux écrivains du passé et de ce qui fait la matière de son écriture
  • Archive Ina du 10 octobre 1955 (au micro d’André Parinaud) : Georges Simenon parle de son rapport au lecteur par son écriture

Générique : Veridis Quo des Daft Punk

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