Que doit dire la photographie aujourd'hui ? Pour le photographe suisse Mario Del Curto, qui s'est posé cette question fondamentale, elle doit témoigner de ce qu'il faut préserver. L'artiste, vadrouilleur et écologiste engagé, nous parle ce soir de sa défense de la biodiversité végétale, mais aussi humaine par la photo.

Illustration du livre de Mario Del Curto, photographe et réalisateur, auteur de "Humanité végétale », (Actes Sud).
Illustration du livre de Mario Del Curto, photographe et réalisateur, auteur de "Humanité végétale », (Actes Sud). © Getty / Hiroshi Watanabe

Des champs de pommiers dans des espaces désertiques, des jardins suspendus, des parcs de châteaux, des friches ouvrières... Les formes d'organisation du végétal par la main humaine sont immensément variables et révèlent le rapport à la nature de chaque société et de chaque époque. 

Le photographe suisse Mario Del Curto a capturé avec son appareil toutes ces variations mondiales, de Singapour au Kazakhstan, en passant par les hauteurs péruviennes et les quartiers populaires de Nîmes. Il a regroupé toutes ses découvertes verdurées dans une grande somme de plus de 400 images, résultat de dix années de travaux, intitulée "Humanité végétale" (Actes Sud). 

Artiste engagé, commençant à militer dans les mouvements de résistance d'extrême gauche à 17 ans et participant aux premiers mouvements écologistes, Mario Del Curto a cherché, dans tous ses travaux , à démontrer qu'aucune société humaine ne pouvait se passer du végétal et qu'il convenait donc de réinterroger notre rapport à celui-ci, pour davantage le préserver. Il expose ce soir comment sa vision sur ce que signifie "faire de la photographie engagée" a évolué : 

"Si je reprends le départ de la photographie engagée, c’était l’idée de changer le monde. C’est une idée que j’ai, petit à petit, abandonner, comme le grand reportage. J’ai compris que risquer sa vie pour une photographie, ça ne valait la peine que si la photographie pouvait changer le monde. Et je pense que les changements dépendent de facteurs beaucoup plus complexes" 

Ses voyages à travers le monde lui ont ainsi permis de découvrir notamment des initiatives individuelles ou collectives pour permettre de préserver notre patrimoine végétal. Grâce à lui, vous découvrirez par exemple ce soir l'histoire fantastique de l'Institut Vavilov, fondé à la fin du XIXe siècle, à Saint-Pétersbourg, qui contient les plus anciennes graines et semences du monde, et de son fondateur, Nikolaï Vavilov,  agronome et généticien russe qui a parcouru le monde pour les obtenir. 

Or, comme le souligne le photographe, 

ce qui est assez exceptionnel et qui révèle la situation dramatique de la paysannerie occidentale aujourd’hui, c’est que 80% des variétés présentes à l’institut Vavilov [366 000 espèces répertoriées !], ne se trouvent plus nulle part ailleurs sur la planète."

Mario Del Curto nous raconte ce soir l'incroyable circulation des plantes dans le monde, les mutations du végétal face aux dégradations provoquées par la main de l'homme et invite à  prendre conscience de ce que l'existence humaine doit aux plantes. 

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