Un recueil de textes à lire d'urgence car Eric Hazan parle depuis une position politique : celle qui veut que les livres sont des armes. Il sera l'invité de l'Heure Bleue ce soir !

Eric Hazan, écrivain et fondateur de la maison d'édition La Fabrique
Eric Hazan, écrivain et fondateur de la maison d'édition La Fabrique © Hannah ASSOULINE

Pour Eric Hazan, fondateur des éditions "La Fabrique", une maison d’édition n’a pas à jouer un rôle révolutionnaire. Elle doit aider à diffuser des idées. Quand on lui demande un adjectif pour qualifier La Fabrique, il ne dit pas “engagé”, mais “subversif”. Avec son équipe, il travaille à la subversion de l’ordre établi, aussi bien en critiquant ses aspects qu’en faisant connaître les propositions qui existent. Il faut détruire et construire.

Eric Hazan est aussi l’auteur de nombreux ouvrages, comme par exemple pour les plus récents, "En quel temps vivons-nous ? conversation avec Eric Hazan et Jacques Rancière", ou "Une traversée de Paris". Et au mois d'août de cette année, "A travers les lignes / recueil de textes rédigés entre 2001 et 2017", un ouvrage dont le ton et le sujet varient au gré des combats menés : ceux du présent, Gaza, Tarnac, Belleville ; ceux du passé, avec la Commune de Paris ou octobre 1917. On y croise Blanqui, Victor Serge, Kafka, Maspero ou la figure anonyme du chiffonnier.

"(...)Que les mêmes sujets reviennent pendant la quinzaine d’années écoulée peut inciter à un certain pessimisme : tous les malheurs, toutes les misères, toutes les injustices persistent au fil du temps – à quoi bon dénoncer, à quoi bon se révolter puisque rien ne s’arrange? N’y a-t-il donc rien qui « aille mieux » qu’il y a quinze ans? Admettons qu’il faille un peu chercher : – Parmi les collégiens et les lycéennes, politisés ou non, le racisme est devenu le mal absolu – au point que dans le collège de ma fille un professeur a été chassé pour avoir prononcé des mots orduriers sur le Coran. – Il est désormais possible d’écrire ou de proclamer le mot communisme sans avoir à le faire précéder d’une sorte d’excuse rituelle (« Bien sûr, ce dont je vais parler n’a rien à voir avec le communisme qui…, etc. »). – Le travail salarié n’est plus tenu pour le but premier auquel mènent normalement les années d’étude. Par force peut-être, mais pas seulement : c’est par choix qu’une partie croissante de la jeunesse décide de garder sa liberté en vivant de petits boulots et d’aides publiques grappillées. La précarité n’est plus une tare et le travail régulier n’est plus ce qui fait monde aujourd’hui. (...)." Extrait de "A travers les lignes / recueil de textes rédigés entre 2001 et 2017" d'Eric Hazan aux Editions La Fabrique.

Pastille sonore : Jacques Rancière

Choix musical : Hans Hotter avec "Le Voyage d'hiver" de Franz Schubert

Extrait de film : "La Traversée de Paris" de Claude Autant-Lara

Archives :

  • Archive Ina du 22 mars 1976 : Georges Perec à propos de la rue Vilin à Belleville qui lui évoque des souvenirs et l’inspire.
  • Archive Ina du 24 juin 1965 : François Maspero à propos de maison d’édition

Générique : Veridis Quo des Daft Punk

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