Avec « Idiotie », Pierre Guyotat revient sur la genèse de son œuvre poétique et littéraire, continuant un travail autobiographique entamé en 2007 avec « Formation ».

Pierre Guyotat, écrivain et dramaturge à Paris, le 21 avril 2016.
Pierre Guyotat, écrivain et dramaturge à Paris, le 21 avril 2016. © Getty / Bertrand Rindoff Petroff

D’abord passionné de peinture, l’adolescent Pierre Guyotat commence l’écriture par le biais de la poésie. Rejoignant ensuite Paris à ses 18 ans, il y fait la rencontre du poète Jean Cayrol qui l’aidera à publier son premier roman en 1961 : Sur un cheval. L’œuvre du jeune écrivain est d’emblée reconnue par ses pairs, mais c’est avec Tombeau pour cinq cent mille soldats qu’il va toucher le grand public. Ce roman, dont on a fêté le cinquantenaire l’année passée, fait scandale à l’époque et sera interdit dans les casernes françaises en Allemagne.

Il continue aujourd’hui son travail de « fictionneur » comme il se définit lui-même, alternant romans et récits autobiographiques, tout en exposant ses dessins lors de différentes expositions. Avec Idiotie, Pierre Guyotat développe son arrivée à Paris par différentes visions : corps, peintures, femmes, guerre; terreaux des obsessions de l’immense écrivain à venir. 

Les lumières des bateaux éclairent le dessous noir des arches ; l'eau clapote - corps de noyés, dépouilles de chiens battus ; plus loin les feux des bateaux, des péniches d'habitation se mélangent aux faisceaux des projecteurs du Champ-de-Mars sur la Tour. Il dort , tête hors du sac sur le capuchon, bouche ouverte ; j'entends gargouiller son ventre : depuis midi, rien qu'une baguette pour deux de gros appétits. Demain, la faim.

Extrait : Idiotie, paru chez Grasset

Pastille sonore : Marianne Alphant 

Musiques : 

Schumann Scènes de la forêt op.82 Eintritt par Mario Joao Pires 

Beethoven 9ème symphonie ( Colin Davis , Staatskappelle de Dresde ) 

Générique : Veridis Quo des Daft Punk

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