Pour son quarante septième long-métrage, Woody Allen revient à New York, sa ville d'origine, pour son nouveau film, un drame amoureux sur fond de fête foraine à Coney Island, ville où se déroulait la scène d'ouverture d'Annie Hall, peu après la Seconde Guerre mondiale.

Woody Allen lors du 45ème Gala hommage à Diane Keaton de l'American Film Institute au Dolby Theatre à Hollywood en Californie. le 8 juin 2017
Woody Allen lors du 45ème Gala hommage à Diane Keaton de l'American Film Institute au Dolby Theatre à Hollywood en Californie. le 8 juin 2017 © AFP / KEVIN WINTER/GETTY IMAGES AMÉRIQUE DU NORD

Préambule de Laure Adler :

Diffuser ou ne pas diffuser ? Telle était notre question, notre interrogation. Je vous explique : il y a deux mois Woody Allen s’est arrêté à Paris très peu de temps pour présenter son dernier film Wonder Wheel. Ses interviews au long cours n’étant pas trop nombreuses et son cinéma s’imposant à mes yeux comme une évidence -je fais partie d’une génération attendant impatiemment la sortie des films de Woody Allen  pour aller les voir dans les plus brefs délais- nous lui avons proposé une rencontre. Il en a accepté le principe. Depuis, comme on le sait une sombre histoire d’agression sexuelle envers sa fille adoptive révélée en 1992 a été remise en lumière il y a une semaine par les révélations pour la première fois à visage découvert de Dylan Farrow et à la suite de l’affaire Weinstein. Comment ne pas être révoltée par ce dont on l’accuse, je partage évidemment comme nous toutes et nous tous le dégoût que cela inspire ? Nous avons essayé de joindre hier Woody Allen pour lui demander s’il avait envie de s’exprimer. Il nous a répondu qu’il s’était déjà exprimé et qu’il n’avait rien de plus à dire que de clamer son innocence.  L’entretien avec Woody Allen était depuis longtemps programmé ce soir. Nous avons choisi de ne pas revenir sur ce rendez-vous, la censure en effet me révolte. L’entretien a eu lieu dans une chambre d’hôtel parisien, le temps de mettre en route le magnétophone, Woody Allen, assis en face de moi dans un canapé , en raison sans doute du décalage horaire, s’était endormi sur le divan. Pour le réveiller je lui ai demandé qui il était, j’étais loin de me douter que cette question était plus que d’actualité. Quel Woody Allen ai-je enfin rencontré ? Un artiste en tout cas, provocateur c’est sûr, comme tout artiste. 

Ainsi a-t-il déclaré dans un entretien qui parait ces jours-ci dans la revue Positif :

« On nous élève dans l’idée qu’on finit toujours par payer pour ses crimes, spécialement le meurtre. Et puis, en vieillissant, on s’aperçoit que des gens passent leur temps à assassiner d’autres gens. Et qu’ils s’en sortent très bien ! La seule chose qui nous empêche de tuer est notre conscience morale. »

Son dernier film Wonder Wheel, dans la lignée de ses films inspirés par le théâtre, est comme tous les films de Woody Allen une mise en abyme du destin, une interrogation sur le sens de l’existence et une charge contre la morale. Certains critiques, comme la journaliste du New York Times Manohla Darjis décrypte ce nouveau film à l’aune de l’affaire Weinstein.  Celles et ceux d’entre vous qui auront envie de voir le film se feront leur propre jugement. En tout cas, nous nous constatons depuis l’annonce des nominations aux oscars il y a deux jours, que Woody Allen en est absent. Les femmes en tant qu’actrices sont nombreuses, nous ne pouvons que redire notre admiration envers les actrices américaines et la toute nouvelle fondation Times Up. La lutte des femmes partout  ne fait que commencer. 

"Wonder Wheel" raconte l'histoire de quatre vies entrelacées au cœur du parc d'attractions Coney Island à New York dans les années '50  celle de Ginny (Kate Winslet), une ancienne actrice qui travaille dans un restaurant ; Humpty (Jim Belushi), opérateur du carrousel et mari de Ginny ; Micky (Justin Timberlake), un jeune et beau maître-nageur, qui rêve de devenir dramaturge et Carolina (Juno Temple), la fille d' Humpty qui se cache des bandits dans l'appartement de son père. 

Extraits de films : 

  • Hannah et ses sœurs (1966)
  • Annie Hall (1977) 
  • Celebrity (1998)
  • Wonder Wheel (2017)

Extrait du documentaire Meetin' WA de Jean Luc Godard de 1986 

Archive Ina du 1er août 1957 : Ernest Jones parle de la psychanalyse

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