Dans l'univers de Christian Boltanski, tout est jeu d'ombres et de lumières, de travail de la sensation et de la perception. Pour s'accorder avec sa personnalité, de plus en plus sombre, L'heure bleue plonge dans l'obscurité et la nuit se fait également dans le studio. Une émission à écouter dans le noir total !

L’artiste plasticien, photographe, sculpteur et cinéaste Christian Boltanski, au Musée d'art contemporain à Monterrey, État de Nuevo Leon, Mexique.
L’artiste plasticien, photographe, sculpteur et cinéaste Christian Boltanski, au Musée d'art contemporain à Monterrey, État de Nuevo Leon, Mexique. © AFP / Julio Cesar Aguilar

Il fait noir ce soir, dans la ville, comme dans le studio. Parce que chaque oeuvre de l'artiste Christian Boltanski est une invitation pour le spectateur à l'introspection, une plongée dans l'obscurité de sa conscience, un questionnement sur la mort, la contingence et le souvenir, Laure Adler a décidé d'éteindre les lumières. C'est donc un entretien dans la pénombre, mais illuminé par la personnalité rayonnante de cet artiste total, autant plasticien que vidéaste, peintre que photographe, auquel vous êtes convié ce soir. 

Rappelons que L'Heure bleue avait déjà eu la chance extraordinaire l'an passé de s'immiscer dans son atelier à l'occasion de la rétrospective qui lui était consacrée au Centre Pompidou "Christian Boltanski : faire son temps". Dans ce studio éteint, il évoque cette fois sa démarche artistique, les rites qu'il essaie de créer et la façon dont l'art peut être pour lui une thérapie, pour soigner ses traumas, en les transmettant aux autres.  

Depuis une dizaine d'années, Christian Boltanski considère qu'il vit dans un temps additionnel, la mort devenant une perspective de plus en plus tangible. Aussi, il  explique comment il espère que son oeuvre lui survivra tout en disparaissant avec lui. Créant des dispositifs volontairement éphémères, destinés à s'évaporer, il souhaite que d'autres artistes puissent à l'avenir reprendre les concepts de ses créations, et, comme pour une symphonie, les réinterpréter, pour que l'oeuvre demeure ainsi toujours vivante.

Par les objets, par les photographies ou les sonorités, il a toujours cherché à conserver des traces des vies, de toutes ces existences à la fois uniques et remplacées, au fil des années. On lui doit par exemple la "bibliothèque des cœurs", sur l'île de Teshima au Japon, où les visiteurs peuvent venir écouter les battements de milliers de coeurs humains, enregistrés partout dans le monde, depuis Paris, jusqu'à Séoul. 

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Dans sa nouvelle exposition "Après" à la galerie Marian Goodman jusqu'au 13 mars, il a également créé des expériences immersives pour réfléchir sur la fatalité de l'existence, à l'aide de jeux d'ampoules et de linges mouillés, de contrastes des couleurs. Christian Boltanski symbolise ainsi le temps qui s'effiloche, les lueurs fragiles de ces vies, comme des illuminations fugaces, ne tenant qu'à un fil, faisant résonance avec l'expérience de la maladie qui nous hante en cette époque d'épidémie mondiale du Covid-19. 

Ce soir, nous vous convions à une expérience inédite : une Heure noire dans laquelle vous pourrez écouter le coeur de Boltanski, entendre une tentative de dialogue avec des baleines et vous interroger sur la place du hasard dans votre vie !

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