La chanteuse à l’origine de 22 albums de chansons pour adultes et des célébrissimes "Fabulettes" pour les enfants, s’est éteinte. En 2017, au micro de Laure Adler elle était revenue longuement sur sa carrière et son histoire.

Anne Sylvestre pendant une conférence de presse lors de la 38ème édition du festival "Le Printemps de Bourges" le 26 avril 2014.
Anne Sylvestre pendant une conférence de presse lors de la 38ème édition du festival "Le Printemps de Bourges" le 26 avril 2014. © AFP / GUILLAUME SOUVANT

Pour qui connaît le répertoire français, le nom d'Anne Sylvestre égale ceux de Brassens, Brel, Barbara, ou Ferré. Et on ne le dit pas assez sauf ce soir, dans l'Heure Bleue !

Anne Sylvestre est montée pour la première fois sur scène il y a exactement soixante ans, en 1957, dans ce cabaret parisien "La Colombe" où ont également débuté Jean Ferrat, Pierre Perret, Guy Béart, Georges Moustaki, Henri Guybet et bien d’autres. 

Aujourd’hui, la dame aux cheveux rouges continue à chanter ses beaux textes

Il est vrai que l’on connaît avant tout "Les Fabulettes" comme par exemple les "Douze petits cochons", ou "Mon vélo est blanc" … Qui n’a pas fredonné ces comptines sur la route des vacances, avec ses parents ou ses enfants ? 

Écrites à partir de 1962, "Les Fabulettes" sont devenues des classiques.

Mais il est temps de redécouvrir le reste du répertoire d’une grande dame de la chanson française, d’une poétesse engagée car Anne Sylvestre est aussi et surtout l'auteure de près de 300 chansons, qui chantent les femmes, les hommes et l'engagement. D’ailleurs, pour fêter ses six fois dix ans de chansons, elle le fera de la façon la plus simple qui soit : sur scène celle du Théâtre le 13ème Art.

Extraits de l'émission 

Sur l'écriture, une envie précoce : 

"J'écris dans des carnets depuis de l'âge de mes 11 ans. Et puis, je les ai tous perdus et donc j'ai recommencé. Je ne savais pas pourquoi j'écrivais, mais je savais que j'écrirai, sans encore savoir quoi. Donc, j'attendais en m'exerçant et en me disant qu'un jour je trouverai mon style."

Sur ses influences musicales : 

"J'ai été beaucoup nourrie par les chansons traditionnelles françaises et par les chansons alsaciennes. Maman était d'Alsace. Ensuite, j'ai fait du scoutisme et j'ai été baignée dans toute la tradition. Mais c'est magnifique. On apprend comment s'est fait une chanson."

Sur ses débuts et le trac : 

"Je me suis retrouvée sur scène un peu par hasard. Je n'étais pas du tout prête. Je m'imaginais pas donnant un spectacle. Mais j'ai écrit des chansons, on m'a prêté une guitare. Et puis, un copain rencontré au club des Glénans m'a donné le numéro de téléphone d'un cabaret, celui de la Colombe. Il m'a dit  "Les chansons sont faites pour être chantées, tu ne vas pas les garder dans un tiroir". J'y suis allée. J'ai commencé comme ça, mais j'étais terrorisée. Et il m'a fallu des années pour comprendre et accepter que les gens m'aimaient bien et qu'ils venaient pour me voir. On n'était pas beaucoup de femme qui écrivaient."

Sur un secret de famille

"Dans Une sorcière comme les autres, j'évoquais le fait que j'étais une femme, je portais tout ce que les femmes portent depuis toujours, y compris d'être des femmes de soldats, d'être des mères d'enfants qu'elle perdent d'être, d'être celles qui allaient les voir en prison pour une cause ou une autre... Elle évoque, ce que ma soeur a raconté dans un livre, c'est son histoire, comment elle a vécu que notre père était collabo. Il a été à Fresnes pendant 10 ans. Je suis allée le voir en manquant l'école. Je travaillais très bien pour lui faire plaisir. Comme des gens l'ont appris, j'ai été mise à l'écart par les enfants de mon école..."

La suite à écouter ....

Les références

  • Pastilles sonores : François Wolfermann et Fishbach
  • Choix musical : Yves Jamait "Même sans toi"
  • Chansons : "Une sorcière comme les autres" et "_Les gens qui douten_t" d’Anne Sylvestre et "Les temps difficiles" avec Léo Ferré
  • Archive Ina du 17 février 1979 (au micro de Philippe Némo) : George Brassens parle de son rapport à la musique
  • Générique : Veridis Quo des Daft Punk

===> LIRE | "Les gens qui doutent" : quand Anne Sylvestre raconte sa chanson

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