La vie de ce dandy académicien était toujours matière à la création romanesque. Retrouvez-le avec Laure Adler, un entretien à son image.

François Weyergans
François Weyergans © Getty

C’était un marcheur, il ne tenait pas en place, même dans un café il se levait au bout de quelques secondes et faisait les 100 pas. C’était un insomniaque, c’était un angoissé, c’était un boulimique, il travaillait tout le temps : critique de cinéma, réalisateur, écrivain. Jamais content de lui, il n’en revenait pas d’être lu, reconnu et aimé. Prix Nimier, Prix Renaudot, Prix Goncourt … François Weyergans a été l’un des écrivains les plus récompensés. De lui, il savait parler avec férocité et humour. Le pitre racontait son analyse avec Jacques Lacan et était étourdissant. Trois jours chez ma mère racontait comment un fils pétri de culpabilité se décide finalement à aller voir sa mère qui va avoir 90 ans ; il a un travail à finir, sa mère lui déclare : « Au lieu d’envoyer des fax à tes dizaines d’amoureuses, tu devrais publier un livre, sinon les gens vont croire que tu es mort »

Nous avons appris il y a quelques heures la mort de François Weyergans. Nous avons décidé de rediffuser une émission avec lui enregistré le 8 juin 2012 à l’occasion de son dernier roman intitulé Royale romance. Laure Adler

Sa première passion c'était le cinéma. Il avait d'ailleurs suivi les cours de l'IDHEC (ancêtre de la Fémis). Dans les années 60, il écrit dans les cahiers du cinéma.

Il s'essaie à l'écriture en 1968 avec Salomé, puis publie Le pitre en 1973, qui sera salué par le prix Rogers-Nimier. Il ne se consacrera pleinement à la littérature qu'à partir du début des années 80, lorsque Macaire Le Copte sera lui aussi récompensé, par le prix Victor-Rossel en Belgique et obtient aussi le prix des Deux Magots en France.

Ecrivain de la nuit qui avait un besoin constant "d’une lumière électrique sur la page blanche" et qui utilise "des planches à découper en guise de table" était l'un des rares écrivains à avoir reçu à la fois le Renaudot et le Goncourt

Le Prix Renaudot, c'était pour son roman La démence du boxeur (1992) et le Prix Goncourt pour Trois jours avec ma mère (2005)

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