Adel Abdessemed est ce soir dans "L’Heure Bleue" pour son exposition “L’Antidote” présenté au Musée d’Art Contemporain de Lyon, du 9 mars au 8 juillet 2018. Mais… un antidote à quoi, Mr Abdessemed ?

Adel Abdessemed
Adel Abdessemed © AFP / Andrea Pattaro

Adel Abdessemed apparaît sur la scène artistique au début des années 2000. L’art semble devenir entre ses mains un moyen de figurer la violence des mutations du monde, d’un monde en perpétuel mouvement, d’un monde qui emporte plus qu’il ne porte. 

De l’École des beaux-arts d’Alger à l’École des Beaux-Arts de Lyon, il en a retiré l’art de Goya, Géricault, Delacroix… Et puis un jour à Lyon, dans un bar nommé l’Antidote, il rencontre une femme, Julie, celle qui deviendra sa compagne et celle qui semble être le point d’ancrage de sa vie, de son art. 

Adel Abdessemed propose un art en tension qui n’est plus en mouvement, comme arrêté, comme les avions tressés de Telle mère tel fils montés en 2008 puis re-présentés dans l’exposition Je suis innocent au Centre Pompidou en 2012, comme les carcasses de voitures moulées et cuites au four de l’exposition de 2006 Practice Zero Tolerance, comme les rangs de fil de fer barbelé, ponctués de doubles lames tranchantes et de pointes aiguisées de l’oeuvre faite de cercles Wall drawing (2006), comme le Coup de tête de Zidane à Materazzi. Cette dernière oeuvre reprend le moment important du football, et a été immortalisé dans le bronze, il perd son mouvement mais reprend sa puissance symbolique, car ce coup de tête a été tellement repris dans des vidéos, journaux télévisés et même en mèmes qu’il perd toute sa signification, son scandale, sa force. Avec Adel Abdessemed, le mouvement redevient violent. 

Le Musée d’Art Contemporain de Lyon propose des œuvres inédites comme Shams, une immense sculpture (immersive ?) proposant une réinterprétation de Dante et Virgile aux enfers du peintre Delacroix : des corps qui tombent sur les côtés, une atmosphère pesante, des corps qui semblent bloqués, qui souhaitent avancer pour s’échapper, pour travailler, mais qui ne peuvent plus… Que donne l’exploitation de l’homme par l’homme ? Cela donne 500 m² et 40 tonnes d’argile rouge pour figurer ce qui nous torture depuis des centaines d’années. Le reste est à découvrir au Musée d’Art Contemporain de Lyon jusqu’au 8 juillet !

Documents sonores :

Pastille sonore : Hélène Cixous

Choix musical : 

  • Odetta - Sometimes I Feel Like a Motherless Child

Archives : 

Gilles Deleuze, "A comme Animal", Extrait de l’abécédaire avec Claire Parnet de 1995

Générique : Veridis Quo des Daft Punk

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