L'Algérie n'en finit pas de hanter les romanciers français. Ce soir, dans l'Heure Bleue, deux auteures qui révèlent chacune un passé algérien plein d’ombres et de silences.

Brigitte Giraud © Ulf Andersen / Aurimages - Alice Zeniter © Joël Saget /AFP
Brigitte Giraud © Ulf Andersen / Aurimages - Alice Zeniter © Joël Saget /AFP

Avec Brigitte Giraud, et "Un loup pour l’homme" aux Editions Flammarion qui raconte son histoire puisqu'elle est née à Sidi-Bel-Abbès et aussi celle "romancée" de son père, appelé en Algérie, ébranlé par la réalité dʹune guerre qui ne dit pas son nom. La réalité, il lʹapprend par les récits des blessés, physiques et "psychiatriques", qui évacuent les souvenirs les plus insoutenables, mais comme ses camarades, il ne la partagera pas dans ses lettres. Et Alice Zeniter avec "L’art de perdre" aux Editions Flammarion, dans lequel elle fait vivre et bouger trois générations meurtries par la guerre d'Algérie, à commencer par le grand-père harki, de ceux qui ont dû composer avec l'art de perdre, d'où le titre de son quatrième roman. Une fiction pour réparer les non-dits d'une guerre occultée.

Ces deux livres ont aussi en commun le silence. Pour justifier le long mutisme de son père, jeune appelé en 1960, Brigitte Giraud explique : "Quand tu sens que personne n'a envie de t'écouter, tu ne parles pas. Mais, maintenant, il y a urgence, les derniers témoins sont en train de disparaître" quant à Alice Zeniter, elle constate: "Le temps a fait son œuvre, qui permet le détachement. Je peux raconter, contrairement à mon père, qui refusait d'être identifié par les actes de son propre père." Une guerre, qui, selon l'historien Benjamin Stora est "une guerre qui n’en finit pas dans les têtes".

Choix musical de Brigitte Giraud : Rachid Taha avec "Ya Rayah"

Choix musical d’Alice Zeniter : IAM avec "Nés sous la même étoile"

Archives :

  • Archive Ina du 11 décembre 1960 : Charles De Gaulle, son discours à Tizi Ouzou
  • Archive INA du 23 avril 1965 (au micro de Jean Paget) : Kateb Yacine à propos de la difficulté de mettre en lumière la réalité d’un peuple à travers une langue étrangère à la sienne.

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