La rentrée littéraire démarre fort avec 581 romans dont celui de Chantal Thomas.

Portrait de l'écrivain Chantal Thomas le 14 juin 2013.
Portrait de l'écrivain Chantal Thomas le 14 juin 2013. © Getty / Ulf Andersen/Contributeur

Romancière, essayiste, historienne spécialiste du XVIIIème siècle, de Sade, et de Casanova mais aussi de Marie-Antoinette, Chantal Thomas a beaucoup publié, et dans des genres très variés comme par exemple ce qu’elle appelle l’"autobiographie indirecte", qui mêle étroitement les impressions de lecture, l’analyse d’œuvres choisies, les souvenirs, et les bribes d’expérience personnelle.

Avec "Souvenirs de la marée basse" aux Editions du Seuil, elle rend hommage à sa mère, Jackie, pour qui la pratique de la nage était l'espace de sa liberté. Une mère femme-enfant fantasque et mélancolique. Un livre qui raconte aussi ses premières années d'enfance en face de l'océan à Arcachon.

"(…) Eugénie, ma grand-mère, quand elle évoquait ma mère jeune fille, revenait surtout sur deux faits. D’abord, la façon dont, obsédée par le sport, Jackie réussissait à s’aménager dans son lieu de travail des espaces dédiés à sa passion : fixant des barres parallèles dans l’arrière-couloir d’un bureau d’avocat où elle fut -brièvement- employée comme secrétaire, ou bien déroulant dans un coin un tapis de bain pour pratiquer ses abdominaux (elle travaillait alors chez un notaire). Ma grand-mère se rappelait aussi cette fantaisie qui avait pris sa fille, en plein juillet, de se jeter dans le Grand Canal à Versailles et de commencer à y nager, tranquille, de son crawl élégant, admirablement scandé, rapide mais pas trop, de son crawl régulier, et qui pouvait la faire prendre, lorsqu’on la regardait ainsi à l’œuvre dans l’eau, comme une force qui va. Mais qui, ce jour-là, ne put sans doute pas aller longtemps… (...)". Extrait de "Souvenirs de la marée basse" de Chantal Thomas aux Editions du Seuil.

Au micro de Laure Adler :

La difficulté pour aimer sa mère, c'est qu'elle n'est pas donnée à rencontrer. (...) J'ai commencé à la découvrir, et à être renversée par son charme, quand elle a fait partie d'un espace plus vaste et qu'elle a pu m'apparaître.

Pastille sonore : Benoît Jacquot

Choix musical : Cesaria Evora avec "Mar Azul"

Archives INA :

  • Archive Ina du 10 mars 1950 au micro d’André Parinaud : Colette « parle » de sa série des Claudine et exprime ses souvenirs d’enfance
  • Archive Ina de 1977 au micro de Jean- Marie Benoist : Roland Barthes à propos de l’amitié comme reproduction de la relation mère-enfant

Générique : Veridis Quo des Daft Punk

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