Chantal Akerman rime avec "Jeanne Dielman", film qui consacre en 1975 la renommée de la cinéaste. Chantal Akerman, c’est aussi un rapport singulier à l’autofiction, l'expression d'une radicalité, et surtout une énergie folle teintée de désespoir que nous raconte ce soir la violoncelliste Sonia Wieder Atherton.

La cinéaste Chantal Akerman chez elle en juillet 1979 à Paris, France.
La cinéaste Chantal Akerman chez elle en juillet 1979 à Paris, France. © Getty / Micheline PELLETIER/Gamma-Rapho

Avant même sa naissance, la guerre traverse la vie de Chantal Akerman : presque toute sa famille maternelle, juive, est déportée. Alors, enfant, elle reste à la fenêtre regarder les autres jouer dehors. 

A 16 ans, elle brave la censure en allant voir au cinéma “Pierrot le Fou” de Jean-Luc Godard, interdit aux moins de 18 ans pour “anarchie morale et intellectuelle”. Marquée par la richesse de ce langage, dont la poésie atteint en plein cœur les gens de sa génération, elle décide qu’elle fera du cinéma son métier. 

Pour afficher ce contenu Youtube, vous devez accepter les cookies Publicité.

Ces cookies permettent à nos partenaires de vous proposer des publicités et des contenus personnalisés en fonction de votre navigation, de votre profil et de vos centres d'intérêt.
Gérer mes choix

La voix si particulière de Chantal Ackerman, décédée en 2015, résonne lorsqu’elle parle de “Saute ma ville”, son premier film sorti en 1968 : 

Tout y est dans ce film, tout est déjà là. Tout ce que je traiterai d’une manière ou d’une autre après. Je me fais sauter, mais j’avais vraiment envie de me faire sauter.”

Chantal Akerman a toujours refusé de mettre de la musique dans ses films, jusqu’à sa rencontre avec Sonia Wieder Atherton. Voir la violoncelliste travailler, chercher, interpréter, repousser sans cesse les limites de son jeu jusqu’à la mise en danger, est une révélation. 

Pour afficher ce contenu Youtube, vous devez accepter les cookies Publicité.

Ces cookies permettent à nos partenaires de vous proposer des publicités et des contenus personnalisés en fonction de votre navigation, de votre profil et de vos centres d'intérêt.
Gérer mes choix

Dans son spectacle "Autour de Chantal ?" (2019), Sonia Wieder Atherton relate les silences, les gestes graves et les ritournelles de celle avec qui elle a partagé une grande histoire d’amour.

Je suis devenue sa bande-son, et elle est devenue les images de ma musique."

Elle dépeint Chantal Akerman comme pleine d’effroi, toujours à essayer de transcrire ce qu’elle a dans la tête. Elle se met en scène elle-même ou ses actrices fétiches, Delphine Seyrig et Aurore Clément, et tisse la toile d’une œuvre emplie de talons qui claquent, de portes qui s’ouvrent et qui se ferment, et de trains qui hantent les mémoires. Son cinéma-monde est fait de tunnels, entrelacement d’histoires qui nous perd entre la nôtre et la sienne.

Le dernier mot de Sonia Wieder Atherton ? 

La tendresse malgré la souffrance."

Musiques : 

  • Tina Turner, "Proud Mary"
  • Sonia Wieder Atherton, "Chant d’Est"
  • Bonnie Banane, "Flash"

Archives : 

  • Archive Ina du 25 octobre 2006 (L’Avventura) : Chantal Akerman se raconte
  • Archive Ina du 12 janvier 2012 (Hors Champs) : Chantal Akerman se raconte

Avec Sonia Wieder Atherton : 

Extraits : 

  • Archive Ina du 31 mai 2007 (au micro de Francesca Isidori) : Chantal Akerman à propos de son premier film Saute ma ville
  • Archive Ina du 6 novembre 1978 (au micro de Jacques Duchâteau et Françoise Delesty) : Chantal Akerman à propos de son film Les Rendez-vous d’Anna, montrant les hommes et leurs fragilités et le rôle de la mère et le rapport homosexuel entre deux femmes
  • Archive Ina du 1er avril 2009 (au micro d’Aurélie Charon) : Chantal Akerman à propos du jeu en scène de Sonia Wieder Atherton et de comment est filmé la musique

Générique Veridis Quo des Daft Punk

Les invités
L'équipe
Contact