Pour terminer cette année 2020, L'heure bleue vous propose toute cette semaine, de détourner le regard de l'actualité, pour contempler ces grands arbres qui, par leur immuabilité, invitent à la sagesse. Pour ce premier volet, l'historien Alain Corbin retrace les représentations successives de ces imposants végétaux.

Image d’illustration du livre de l’historien, Alain Corbin : "La douceur de l’ombre- L’arbre, source d’émotions, de l’Antiquité à nos jours" (Flammarion).
Image d’illustration du livre de l’historien, Alain Corbin : "La douceur de l’ombre- L’arbre, source d’émotions, de l’Antiquité à nos jours" (Flammarion). © Getty / Prasit photo

L'arbre est, par excellence, un condensateur de mémoire, "un vieux témoin des âges écoulés",  selon la formule d'Alfonse de Lamartine. Il voit les générations d'hommes se succéder alors que lui résiste toujours au passage des siècles. C'est pourquoi il suscite non seulement l'intérêt des poètes et des peintres, mais aussi celui des historiens. Dans la droite filiation de Michelet, le grand historien du sensible Alain Corbin a ainsi parcouru les différentes branches des arts, de la peinture à la littérature, pour comprendre les différentes représentations de l'arbre qui se sont succédées dans l'Histoire.  

De Virgile à Yves Bonnefoy, en passant par Victor Hugo et Proust, il s'est intéressé dans "La douceur de l'ombre. L'arbre, source d'émotions, de l'Antiquité à nos jours" à ceux qui ont su, comme le disait Charles Péguy, "voir l'arbre". Il montre ainsi comment ce grand végétal a toujours suscité des émotions contradictoires. 

Par sa grandeur, sa majesté, l'arbre est en effet tout autant perçu comme un abri, un refuge, que comme un danger, une énigme, une source de crainte. On loue sa poésie bucolique, sa proximité avec l'homme chez les antiques et les romantiques; on y grave son nom, celui de l'être aimé ou un message, pour laisser une trace dans l'éternel. Mais il effraie également par sa puissance inflexible, et a pu  être diabolisé, notamment au Moyen-Âge, où il fût associé fréquemment à l'épisode de la Tentation, symbolisant la luxure mais aussi au supplice du Christ. 

Alain Corbin souligne ainsi ce soir les enjeux autour de la valeur sacrée de l'arbre, comment il condense aussi l'histoire de l'écriture et incarne pour lui une forme de liberté. L'infatigable historien du sensible, à qui l'Histoire doit tant de livres sur des sujets aussi divers que l'évolution de l'odorat, la prostitution, les cloches et l'herbe, se livre également sur ses pauses champêtres dans le bocage de son enfance.   

Musiques :

  • Auprès de mon arbre de George Brassens
  • Der Erlkönig de Franz Schubert chanté par Dietrich Fisher Dieskau
  • Le retour de Barbara Carlotti

Archives : 

  • Paul Valéry lit son poème Le bois musical 
  • Archive Ina du 8 novembre 1940 : Jacques Chevalier (ministre de l’Instruction publique)  offre un chêne au Maréchal Pétain dans la forêt de Tronçais, le Maréchal réagit.
  • Archive Ina du 11 mai 1960 ( au micro de Pierre Desgraupes ) : Italo Calvino à propos de son livre  Le baron perché 
  • Archive Ina du 8 novembre 1994 : Michel Pastoureau à propos des arbres fruitiers
  • Archive  Ina du 22 janvier 2010 : Francis Hallé à propos du lien de l’Homme à l’arbre

Générique Veridis Quo des Daft Punk

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  • BLACK PUMASMODULE ALBUM 2020 COURT "Confines"
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