Il dévalise la langue, subtilise les mots, rapte les figures de style... L'écrivain Pascal Quignard analyse, dans "L'homme aux trois lettres" (Grasset), la figure du "fur", du voleur et son rapport à la littérature. Il propose ainsi sa généalogie de l'écriture et fait l'éloge de la fuite et du retrait du monde.

L’écrivain Pascal Quignard venu à la rencontre des lecteurs de ses livres à Toulouse le 2 novembre 2011.
L’écrivain Pascal Quignard venu à la rencontre des lecteurs de ses livres à Toulouse le 2 novembre 2011. © Maxppp / PHOTOPQR/LA DEPECHE DU MIDI/FREDERIC CHARMEUX

Dans "L'homme aux trois lettres" , onzième tome de sa série de livres Dernier Royaume, Pascal Quignard emprunte à tous les genres: théorie, rêve, journal intime, poésie, entremêlant les récits mythologiques avec les descriptions de tableaux. Il souligne la précarité du langage, disserte sur l'invention de l'écriture et s'essaie à définir la littérature, tout en admettant qu'elle n'a pas d'origine. 

Ce violoncelliste passionné, sensible à la musique des mots, vit depuis 25 ans à l'écart du monde, appréciant la compagnie silencieuse de ses chats et des livres. Il invite chaque lecteur à se retirer, à fuir le monde pour se concentrer sur son bonheur.  

Pascal Quignard médite aussi sur le temps qui passe, sur les traces de l'écriture. Lui-même a l'habitude de brûler ses manuscrits, de détruire ses écrits pour se libérer de l'entrave des mots du passé. Néanmoins, certains de ses textes ont été préservés de cette volonté destructrice. Pascal Quignard a décidé de les offrir à la BNF, qui propose de les découvrir dans une exposition "Pascal Quignard, fragments d'une écriture" jusqu'au 29 novembre 2020. 

Un ouvrage d'analyse de son oeuvre, mêlant images et mots, paraît également à cette occasion sous la direction de Mireille Calle-Gruber et intitulé "Sur le geste de l'abandon" (Hermann). 

Par ailleurs, il donnera le 29 septembre une Conférence-performance "Sur le geste perdu de l'abandon" à 17h à la BNF pour inaugurer l'exposition. Il interviendra également dans un récit-récital de son texte "Boutès ou le désir de se jeter à l'eau", accompagné par Aline Piboule au piano le 3 octobre à la BNF. 

Choix musical :

  • Beethoven, The Vale of Clwyd par Sophie Daneman Astree 2001

Archives : 

  • Archive Ina non datée : Jacques Lacan évoque son rapport au langage
  • Archive Ina du 3 octobre 1952 ( au micro de Francis Didelot ) : Colette à propos de la lecture d’Emile Zola

Musiques : 

  • Serge Gainsbourg, En relisant ta lettre 
  • Sophie Daneman, The vale of clwyd woo 155 n°19 - pour soprano et ensemble instrumental 
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