Virginie Linhart a grandi dans un monde où les petites filles rêvaient de poupées Barbie, mises à l'index par leurs féministes de mères mais pas que ...

Virginie Linhart le 27 avril 2008
Virginie Linhart le 27 avril 2008 © Sipa / Bruno levy pour "Le Monde".

Né en 1967, au sein d'une organisation prochinoise, sous l'impulsion notamment de Robert Linhart, le mouvement des établis est composé d'intellectuels et d'étudiants qui ont choisi de rompre avec leur milieu pour découvrir le monde de l'usine. Virginie Linhart, fille de Robert Linhart, avait choisi, pour son premier livre, "Volontaires pour l’Usine-Vies d’établis (1967-1977)" il y a 6 ans, d’en rencontrer une quinzaine d'entre eux, pour évoquer l'histoire de ce mouvement et le replacer dans son époque, pour aussi, comprendre l'engagement total de son père dans la politique, ce qu'a été la vie de ces hommes et de ces femmes (surtout des hommes) qui ont abandonné leurs études, leur famille pour s'engager, à plein temps, totalement dans un militantisme total.

"Avant et après Mai 68 ils furent quelques dizaines, puis presque un millier, à quitter leur famille, à abandonner leurs études, pour partir travailler en usine. Ils renonçaient à leur statut d'intellectuel, choisissaient de vivre aux côtés des ouvriers, insufflant l'idée révolutionnaire dans les usines. Ils s'inspiraient des recommandations du président Mao Tse Toung qui prônait de «descendre de cheval pour cueillir les fleurs». On les a appelés «les établis», un terme mystérieux qui, au fil des années, ne disait quasiment plus rien à personne alors que j'avais passé mon enfance parmi eux. Lorsque j'ai commencé à partir à la recherche de ceux qui s'étaient établis, j'avais leur âge: celui de leur départ en usine. C'était pour moi la première tentative de réconciliation avec le passé militant de mes parents dont je ne connaissais que les désenchantements (...) J'ignorais encore qu'après les parents il me faudrait aller chercher leurs enfants dans un autre récit, écrit vingt ans plus tard, pour enfin avoir le sentiment que les petits cailloux ramassés en chemin toutes ces années m'avaient permis de trouver ma propre route". Extrait de "Volontaires pour l’Usine-Vies d’établis (1967-1977)" de Virginie Linhart aux Éditions du Seuil.

Lecture de "L’établi" par Sami Frey

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