Dessiner l'innommable. Emprisonné et torturé à plusieurs reprises entre 2011 et 2015 dans les geôles de Bachar Al Assad, l'artiste syrien Najah Albukaï est ce soir l’invité de l'Heure Bleue, à l'occasion d'une exposition à la galerie Fait & Cause et de la parution d'un ouvrage collectif, “Tous Témoins” (Actes Sud).

L’artiste syrien, Najah Albukaï présente une affiche où les opposants du régime sont représentés comme des insectes.
L’artiste syrien, Najah Albukaï présente une affiche où les opposants du régime sont représentés comme des insectes. © Maxppp / PHOTOPQR/OUEST France/ TIRBOIS Janine

Né en 1970 à Homs en Syrie, Najah Albukai étudie successivement aux Beaux-Arts de Damas puis aux Beaux-Arts de Rouen. Il retourne vivre en Syrie où il enseigne le dessin et se consacre à ses créations. Dénoncé pour un dessin où deux soldats syriens écrasent un homme, il est enfermé et torturé à Damas par les services de renseignements syriens. Il arrive à s’échapper et à rejoindre le Liban. Il arrive en France en 2017. 

Ses dessins et ses gravures constituent un témoignage poignant de l’enfer carcéral, dénonçant le régime syrien et l’indifférence du monde face au massacre de son peuple. En 2021, paraît “Tous Témoins”, un ouvrage co-édité par Actes Sud et l'association Pour que l'Esprit vive, dans lequel on retrouve ses œuvres associées aux contributions d’une vingtaine d’écrivains, dont Alaa el Aswany, Laurent Gaudé, ou Daniel Pennac. Ils expriment leur solidarité  face à ce que Farouk Mardam-Bey appelle la "syrianisation du monde", symbole des drames qui se multiplient aux quatre coins de la planète. Historien et éditeur franco-syrien, Farouk Mardam-Bey a dirigé la publication de cet ouvrage collectif et intervient ce soir dans une Heure Bleue tournée vers la Syrie.

Les œuvres de Najah Albukaï sont exposées à la galerie Fait & Cause, jusqu'au 30 avril 2021. Dix ans après le début de la guerre en Syrie, ce projet est porté par l’association Pour Que l’Esprit Vive avec Amnesty International. 

Un témoignage à vif sur la Syrie, métaphore de toutes les dérives du monde. 

Musique : 

  • PJ Harvey, "The Camp"
  • Bu Kolthoum, "Zamilou"
  • Dominique A,  "Les éveillés"

Pastille : Farouk Mardam Bey

Archives  : 

  • Archive Ina du 3 avril 1995 : Zoran Music sur sa peinture à la sortie des camps de concentration 
  • Extrait de l’Heure Bleue du 10 février 2021 : Yassin al-Haj Saleh, pourquoi parler de la Syrie aux Syriens et au monde
  • Arte, 15 mars 2021 (journaliste Abdulrazzak Meddi) : reportage sur le business lucratif des détenus en Syrie

Générique : "Veridis Quo" des Daft Punk

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