Le professeur de philosophie Ali Benmakhlouf est l’invité de Laure Adler, pour revenir sur son parcours de philosophie, spécialiste de la philosophie de la logique, mais également de la philosophie arabe, et sur sa bibliographie.

Averroès banni par le calife Al-Mansur en 1195, par Louis Figuier, 1867
Averroès banni par le calife Al-Mansur en 1195, par Louis Figuier, 1867 © Getty / Leemage/Corbis

Agrégé de philosophie et professeur à l’université de Paris Est-Val de Marne-Paris-XII, Ali Benmakhlouf travaille essentiellement sur l’histoire et la philosophie de la logique, mais également sur la philosophie arabe, notamment médiévale. 

Il a traduit les oeuvres de logiques d’Al Fârâbi (Xe siècle) et d’Averroès (XIIe siècle) et leur a consacré des monographies. Ali Benmakhlouf propose, dans Averroès édité chez Perrin et dans Le vocabulaire d'Averroès édité chez Ellipses, de retrouver la philosophie d’Ibn Rushd de Cordoue, appelé plus communément Averroès, à travers son interprétation du Coran. Le philosophe, empreint de connaissances médicales, juridiques, mais également avec l’héritage des grecs, cherche à placer la raison et le jugement au cœur de la foi. Ali Benmakhlouf tente également d’expliquer dans Philosopher à Bagdad au Xème siècle édité chez Seuil avec des textes d’Al Fârâbi, les liens que celui-ci tissait entre philosophie, poésie et religion. 

Il décrypte plus généralement la philosophie arabe dans Pourquoi lire les philosophes arabes, édité chez Albin Michel et tente par plusieurs ouvrages d’ouvrir la philosophie à une utilisation plus quotidienne avec La conversation comme manière de vivre, édité chez Albin Michel. La conversation, au-delà de la parole est là pour créer un lien avec l’interlocuteur, autant par la langue, que par la voix, les intonations, le souffle, les silences et les non-dits. Le philosophe décrypte cette conversation comme une prise de risque vers l’inconnu et l’inédit. Important, quand on pense aux sauts dans le vide que peuvent représenter les voyages à l’étranger, lorsqu’on ne parle pas la langue, mais que pourtant le lien se crée avec l’autre. 

Attaché à la déontologie et à l’éthique, il est également vice-président du Comité consultatif national d'éthique (CCNE) et depuis 2009, le président du comité consultatif de déontologie et d’éthique de l’IRD. Il a coordonné l’ouvrage La bioéthique, pour quoi faire ? édité chez Presses Universitaires de France écrit par les membres du Comité consultatif national d'éthique, dans lequel tous reviennent sur les trente ans d’existence du Comité, sur ses réussites et ses échecs. 

Il a été décoré du titre de Chevalier de l'ordre national du Mérite par le Ministre de l'éducation nationale Vincent Peillon par décret du 14 novembre 2013. 

Pastilles sonores : 

  • Thomas Dutronc 
  • Henry Laurens 

Choix musical : "Baby just take for me" de Nina Simone

Archives : 

  • Archive Ina de l’Université radiophonique internationale, 31/01/1951 : Bertrand Russel à propos valeurs occidentales
  • Archive Ina de février 1977 (au micro de Jean Marie Benoît ) : Roland Barthes à propos des cafés comme lieux de conversations 

Générique : Veridis Quo des Daft Punk 

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