Ancien boxeur, c’est en autodidacte que Tadao Andō s’initie à l’architecture. Concepteur de la nouvelle Bourse de Commerce parisienne, c’est toute une éthique de la construction qu’il dévoile ce soir dans l’Heure Bleue.

L’architecte Tadao Andō au parc Jingu Dori à Shibuya Ward, Tokyo, le 15 septembre 2020.
L’architecte Tadao Andō au parc Jingu Dori à Shibuya Ward, Tokyo, le 15 septembre 2020. © AFP / Kotaro Numata / Yomiuri / Le Yomiuri Shimbun

Né à Osaka en 1941, Tadao Andō est, comme le veut la tradition japonaise, séparé de son frère jumeau à la naissance. Il est élevé par sa grand-mère, qui lui inculque le goût de “vivre librement.” 

Adolescent, il se met à la boxe -il appréhende aujourd'hui encore l'architecture comme un sport de combat- et fréquente des ateliers d’artisans qui éveillent son intérêt pour le travail manuel : 

J’ai commencé à apprendre, c’est une lutte solitaire que j’ai mené : j’ai bien compris que personne n’allait m’aider. J’ai toujours cet état d’esprit aujourd’hui.”

Plus tard, alors qu’il évolue dans la conception de mobiliser et l’architecture intérieure, il découvre les œuvres de Le Corbusier. Il est fasciné et entreprend en 1965 un voyage en transsibérien pour le rencontrer. 

Ce n’est qu’en arrivant en France après un long périple que Tadao Andō découvre que l’urbaniste de génie est décédé plusieurs mois auparavant. Il se rend à la Villa Savoye et se confronte aux œuvres de celui qui restera l’un de ses plus grands maîtres. 

Mon architecture est cohérente comme un organisme vivant, elle est biologique.” Le Corbusier

Dès lors, il acquiert la conviction que l’architecte doit parvenir à convoquer la spiritualité dans les lieux qu’il investit. Le bâtiment se doit d’abriter l’homme pleinement, par la protection de son corps, bien sûr, mais aussi celle de son esprit. 

Alors qu’au Japon dans les années 1970, on reprochait aux petites habitations qui ont marqué le début de la carrière de Tadao Andō leur manque de praticité, il enchaîne ensuite les expositions et fait connaître son travail à l’étranger, notamment en France où il est très vite apprécié. 

En 2018, son œuvre fait l’objet d’une vaste rétrospective au Centre Pompidou : l’occasion de redécouvrir ses grands chantiers, de l’île de Naoshima et l’église de la Lumière à Osaka, dans les années 1980, aux musées signés Ando qui fleurissent un peu partout depuis quelques années. 

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En 2019, c’est vers lui que François Pinault se tourne pour imaginer la nouvelle peau de la Bourse de Commerce destinée à abriter sa collection d’art. Tadao Andō propose alors d’installer un immense cylindre en béton au cœur du bâtiment rond.

Je voulais utiliser des matériaux que n’importe qui peut utiliser, pour faire des œuvres que tout le monde ne peut pas faire.”

Lorsque le visiteur se place au centre du bâtiment, un sentiment de sérénité l’envahit, dans ce lieu où la lumière est son interlocutrice principale. 

L’architecture est inséparable de la lumière. Le soleil tourne et donne des expressions différentes aux œuvres : elles parlent à ceux qui se trouvent autour.

Chez Tadao Andō, le fond est totalement incorporé dans la forme. Depuis l’Agora athénienne, les œuvres architecturales ont toujours eu vocation à rassembler, à tisser des liens entre les hommes et à les faire se rencontrer. Et, pour faire communauté, le lien avec le passé que constitue notre patrimoine est essentiel, explique Tadao Andō. 

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Il déplore que l’on détruise tout ce qui est ancien au Japon. En France, au contraire, les bâtiments anciens sont préservés et cohabitent avec la nouveauté. C’est là toute la vision qui a guidé la conception de la Bourse de Commerce. 

Je voulais construire un endroit où se marient l’ancien, le moderne, et même le futur.” 

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