Amis rêveurs, ce soir, on continue notre plongée dans l’œuvre de Flaubert avec une jeune femme qui a passé plusieurs années de sa vie avec lui. Cela semble bizarre dit comme ça et pourtant c’est vrai. Elle s’appelle Delphine Jayot, et quand Delphine parle de Flaubert, elle dit, c’est mon homme. C’est la première chose qu’elle m’ait dite. Delphine Jayot a lu Mme Bovary à l’adolescence, elle s’en souvient très bien, ça a été comme une révélation. Et après cette première lecture, elle n’a plus voulu qu’une chose c’est être avec lui, être avec Flaubert, parce que c’est lui qui lui parlait le mieux. Et c’est comme ça, de fil en aiguille, qu’elle a décidé d’écrire une thèse sur le bovarysme, pour rester plus longtemps encore avec lui, et peut-être aussi pour se guérir de son propre bovarysme. Mais qu’est ce que le bovarysme ? Pendant un siècle et demi la critique n’a cessé de s’interroger sur Emma. Il y a ceux qui ont fait d’elle, une cérébrale, d’autres une hystérique, ou encore une courtisane, une Messaline même, une corruptrice. Qu’est ce qui a tant interrogé ? Ce qui est sûr, ce que l’on doit à Flaubert c’est d’avoir affronté la question du désir féminin et de l’insatisfaction. Que reste-t-il quand on a eu ce que l’on désire ? C’est une des questions que pose Mme Bovary. Je l’ai compris en écoutant Delphine Jayot me parler, elle s’était installée à côté de moi, sa thèse devant elle. Un pavé. Très impressionnant.

Delphine Jayot, est agrégée de lettres, auteur d'articles sur Flaubert, la lecture littéraire, les rapports entre psychanalyse et littérature, ainsi que d'un essai "Le bovarysme, une pathologie littéraire" à paraître prochainement aux Éditions Classiques Garnier.

le bovarysme
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