Les 1001 nuits se sont nourries d' Orient et d'Asie, c'est un livre étranger, c'est un texte anonyme qui a traversé les siècles et la seule chose dont on soit sûr c'est que tous ces récits venus d'ailleurs ont été accueillis par la langue arabe. Les Arabes, d'ailleurs, affirment que personne ne peut lire jusqu'à la fin le livre des 1001 nuits. Les nuits sont le temps, qui est celui qui ne dort pas, c'est Borges qui écrivait cela.

Aujourd'hui j'ai voulu donner la parole à deux hommes, qui se complètent bien l'un l'autre. Nacer Khemir que vous avez déjà entendu un peu la semaine dernière et Jamel Eddine Bencheikh, qui est l'un des traducteurs des 1001 nuits, la dernière traduction parue dans la pléiade et qui malheureusement a disparu avant d'avoir terminé cette traduction.

Pourquoi eux deux ? Parce que je trouve qu'en les écoutant ensemble, on comprend pourquoi les 1001 nuits ont résisté au temps, pourquoi elles ont perduré à travers les siècles. C'est que dans les 1001 nuits il se dit quelque chose qui a fixé des millénaires d'écoute. Comme si elles gardaient en écho une parole prisonnière, une parole encore plus subversive que l'amour. C'est Jamel Eddine Bencheikh qui disait cela. Et c'est vrai que dans les 1001 nuits, il y a de la subversion, une parole libre, une liberté de ton, comme un souvenir d'un autre âge, d'un monde rêvé, où l'on pouvait dire la complexité de l'homme en se passant des discours des théologiens. Un monde peuplé de créatures où les bêtes parlent, où l'on se métamorphose, et où la création n'est plus le seul privilège de Dieu.

Nacer Khemir est conteur. Il a raconté les 1001 nuits pendant 30 ans, un peu partout dans le monde, dans les rues, les écoles, les théâtres. 30 ans en compagnie de Sheherazade.

Jamel Eddine Bencheikh
Jamel Eddine Bencheikh © Radio France
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