Amis rêveurs, ce soir on part en Belgique, parce qu’il est impossible de parler de Simenon sans parler de Liège. Liège, c’est la ville que Simenon n’a cessé de trimballer à la semelle de ses souliers. Liège, c’est la ville de son enfance, c’est son quartier d’Outremeuse, le quartier des petites gens comme il disait, celui des artisans et des petits commerçants. Liège, c’est sa mère, après sa mort il n’y remettra plus les pieds.

Simenon a donné à Liège un grand roman, c’estPédigrée . Un livre hors norme, c’est son chef d’œuvre. Pédigrée c’est une fresque dans laquelle Simenon se met à nu, en se faisant archéologue des siens. En le lisant on comprend d’où il vient. Pédigrée c’est un bloc de mélancolie et tout ce qui a suivi, tout le reste de la vie de Simenon semble être une vaine agitation à côté de cette évocation grise et pluvieuse de ces années où sa vie se résumait au strict nécessaire. Simenon est un enfant de Liège, et il le restera toute sa vie, malgré ses déménagements, ses voyages, ses envies d’ailleurs et de connaitre toutes les vies. Et c’est bien sûr à Liège qu’il y a le centre des études et le fonds Georges Simenon, ce sont quelques pièces dédiées au romancier, des livres, des traductions, des affiches de cinéma, ses tapuscrits, un musée modeste avec sa machine à écrire, ses fameuses enveloppes jaunes et la table d’accoucheuse en bois, sur laquelle il écrivait. C’est là que nous allons passer cette heure, avec Laurent Demoulin, conservateur du fonds Simenon de l’Université de Liège.

famille Simenon
famille Simenon © Radio France
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