Il y a quelques années, on a voulu poser une plaque à la mémoire de Borges sur la façade de « l’hôtel » où il descendait avec sa femme quand il était de passage à Paris. Mais une question s’est tout de suite posée : fallait-il écrire Borges écrivain ou Borges poète. Quand on a interrogé Sylvia Baron Supervielle, elle a tout de suite répondu « écrivain » sans hésitation. Et pourtant, pendant des années, Sylvia a recopié les poèmes d’amour de Borges qu’elle trouvait au fil de ses lectures. Elle les tapait à la machine, elle les rangeait soigneusement dans une chemise, en se disant qu’un jour elle les ressortirait. 30 ans ont passé. Et il n’y a pas très longtemps, elle les a retrouvés au hasard d’un rangement. Quand elle les a relus, elle s’est à nouveau arrêtée, émue, tenue, en suspend. Sylvia est à nouveau tombée amoureuse de ces poèmes d’amour alors elle a décidé de les traduire en français. Cela s’est fait sans heurts, sans difficulté, parce que la langue de Borges, c’est aussi la sienne, celle de tous les argentins. Sylvia Baron Supervielle a bien connu Borges, ils étaient amis, dans sa bibliothèque, il y a plusieurs photos de lui. Sylvia et Borges ont en commun l’écriture, l’Argentine et Buenos Aires. Ils ont tous les deux la nostalgie du paradis perdu de l’enfance. Borges vivait dans le culte Buenos Aires, Sylvia Baron Supervielle, elle, vit à Paris sur les bords de la Seine et elle rêve que le courant l’emmène là bas, de l’autre côté de l’océan, vers le Rio de la Plata, vers l’infini de la Pampa.

Jusqu’à 21h00, un autre visage de Jorge Luis Borges, un Borges sensible et amoureux. Déchiré et heureux.

Jorge Luis Borges
Jorge Luis Borges © Radio France
Mots-clés :
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.