(Rediffusion du 18 octobre 2013)

Couverture du livre "Sade vivant" de Jean-Jacques Pauvert
Couverture du livre "Sade vivant" de Jean-Jacques Pauvert © Radio France

Amis rêveurs, cette émission est un hommage à Jean-Jacques Pauvert. Je l’ai rencontré il y a tout juste un an, chez lui, dans sa maison du Rayol au bord de la Méditerranée. On a passé trois jours ensemble à parler de Sade. Jean-Jacques Pauvert a été le premier à publier Sade officiellement, c’était en 1947, il venait à peine d’avoir 20 ans. Il le paiera cher et pendant des dizaines d’années, condamné pour son esprit de liberté. Toute sa vie Jean-Jacques Pauvert s’est moqué de la censure, des convenances et de la bien pensance. En 1947 Jean-Jacques Pauvert écrivait un bref manifeste dans lequel il expliquait ce qui sera l’œuvre de sa vie, je vous en cite un extrait : « à l’heure où les deux camps battent le rassemblement derrière leur murailles, j’ai voulu accueillir les esprits déserteurs. J’ai voulu accueillir les esprits libérés. Existe-t- il encore des journaux sans consignes ? Peut-on trouver encore des artistes sans haine, ou sans soumission ? Des créateurs solitaires, des poètes sans parti ? Il fallait bien leur donner refuge quelque part. Ouvrir un lieu d’asile aux esprits singuliers. »

Sade, Breton, Bataille, Roussel, Genet, Hardellet, Jean Jacques Pauvert a été un grand éditeur, un des plus grands éditeurs français et surement le plus aventureux du XXème siècle.

Moi j’ai rencontré un vieux monsieur, toujours malicieux, jamais courtisan, à rebrousse-poil et férocement intelligent. Je ne savais pas, il y a un an, que ce serait son dernier grand entretien radiophonique. Je me souviens de notre connivence, de son désir de séduire, c’était un grand séducteur et bien sûr il m’a séduite, et puis il y avait son rire, le rire de Jean Jacques Pauvert, que je n’oublierai pas.

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L'exposition "Sade. Attaquer le soleil" au Musée d'Orsay Au Musée d'Orsay, du 14 octobre 2014 au 25 janvier 2015.Franz von StuckJudith et Holopherne© Droits réservésAlphonse Donatien de Sade (1740-1814) a bouleversé l'histoire de la littérature comme celle des arts, de manière clandestine d'abord puis en devenant un véritable mythe.L'oeuvre du "Divin Marquis" remet en cause de manière radicale les questions de limite, proportion, débordement, les notions de beauté, de laideur, de sublime et l'image du corps. Il débarrasse de manière radicale le regard de tous ses présupposés religieux, idéologiques, moraux, sociaux.Suivant l'analyse d'Annie Le Brun, spécialiste de Sade et commissaire invitée, l'exposition met en lumière la révolution de la représentation ouverte par les textes de l'écrivain. Seront abordés les thèmes de la férocité et de la singularité du désir, de l'écart, de l'extrême, du bizarre et du monstrueux, du désir comme principe d'excès et de recomposition imaginaire du monde, à travers des oeuvres de Goya, Géricault, Ingres, Rops, Rodin, Picasso…Le caractère violent de certaines oeuvres et certains documents est susceptible de heurter la sensibilité des visiteurs.

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