Ce soir, c’est la dernière émission de la saison, et pour le coup, amis rêveurs, je pense que cette heure sera pour vous. Paolo Rumiz est un des nôtres, c’est un voyageur, un écrivain voyageur italien. Paolo Rumiz écrit avec ses pieds en marchant aux quatre coins du monde. Ses récits de voyage sont publiés dans « la Repubblica », ses articles deviennent souvent des livres et le dernier en date, traduit en français, raconte sa descente en bateau du fleuve Pô, 650 km du Piémont à la mer Adriatique, 650 km de méandres de vent et de silence. Un voyage fait des histoires du peuple du Pô, de pirates et de pollution. Pendant des semaines, Paolo Rumiz s’est fondu dans le courant du fleuve, il a écouté les mille voix de l’eau. La légende dit qu’il y a, le long du Pô, des soirs où les poissons parlent. Paolo Rumiz lui, parlait à Pô comme on parle à une femme. Au fil de l’eau Paolo est devenu fleuve, il est devenu Pô. Et à la fin du voyage, face à l’Adriatique, le cœur gros, il a trinqué au chemin illimité qui devient mer et j’ai bien senti en le lisant, que la prochaine fois, il irait encore plus loin, qu’il quitterait la terre et partirait au large. Et c’est ce qu’il a fait, après son tour des fronts de la guerre de 14/18 dont on a parlé la semaine dernière, Paolo Rumiz a décidé de faire un voyage immobile cette fois, un voyage intérieur, il s’est installé pendant trois semaines sur une île déserte, seul face à la mer.

Paolo Rumiz
Paolo Rumiz © © Riccardo Valsecchi/Demotix/Corbis
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