Cette semaine a été un grand cru en la matière. Les répliques des séismes de mai et juin derniers, élections présidentielle et législatives, n’en finissent pas de se faire sentir.

Prenons le remaniement il y a 8 jours, l’entrée du député PS Olivier Dussopt au gouvernement a fâché certains de ses camarades « trahison », « pitoyable » mais les sénateurs socialistes ont réussi à se fâcher entre-eux sur le cas Dussopt qui n’a pourtant rien d’un éléphant socialiste. Les sénateurs PS qui tiendront une réunion de crise mardi. Stéphane Le Foll a bien conscience du problème : « ça en dit long sur la stratégie d'Emmanuel Macron qui consiste à aller chercher et à déstabiliser ». C’est réussi.

Voilà pour le PS. Mais ça tangue ailleurs.

A droite ! Elle aussi déjà bien secouée par l’élection d’Emmanuel Macron ! Les ministres Gérald Darmanin et Sébastien Lecornu / et le député Thierry Solère (qui sera demain midi sur France Inter dans Questions politiques) ont adhéré à La République En Marche. Mais au même moment les élus de droite « constructifs » continuent de mener leur petite barque en annonçant la création d’un nouveau mouvement politique baptisé AGIR. On peut être de droite et macroniste mais pas dans le même parti. Voire sans parti comme le Premier ministre Edouard Philippe. Ca tangue aussi au Front National, le député FN du Pas-de-Calais José Evrard a quitté le parti pour rejoindre les Patriotes de Florian Philippot. Bon an mal an, même s’il peut y avoir des divergences de vue en matière de laïcité et de communautarisme, seule la France Insoumise reste à peu près soudée.

Et Emmanuel Macron dans tout ça ?

Il déroule. Lui aussi bon an mal an. Son voyage en Afrique de l’Ouest s’est bien passé et pendant cette mini-tournée le Premier ministre Edouard Philippe bien tenu la boutique. L’Assemblée Nationale a ratifié les ordonnances réformant le code du travail à une écrasante majorité avec notamment les voix de droite. Macron de retour à Paris, voilà Edouard Philippe parti pour 6 jours en Nouvelle-Calédonie, la mécanique est bien réglée, les deux hommes remontent tranquillement dans la tous les sondages de popularité.

Emmanuel Macron a-t-il gagné ?

Cela dépend de quoi on parle. Il a gagné les premiers mois, ses réformes passent, il n’y a pas de frondeurs dans la majorité et pas d’opposition en état de combattre. Victoire symbolique, ses mots sont entrés dans le vocabulaire politico-médiatique : ancien monde et nouveau monde, disruption, en même temps, Jupiter. Mais l’univers politico-médiatique n’est pas la France, Emmanuel Macron n’a pas gagné la bataille du chômage, ni celle du climat, des territoires oubliés, ni celle de l’apaisement des tensions françaises sur la laïcité et la place de l'Islam par exemple... Emmanuel Macron a gagné la première manche et pourtant il n'a aucun résultat à afficher...

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