L’ancien Premier ministre sort peu à peu de sa réserve, 11 mois après sa défaite à la primaire socialiste, 5 mois après sa victoire douloureuse aux législatives.

Manuel Valls est Président. Président de la Mission d’information parlementaire sur l’avenir de la Nouvelle-Calédonie. Jeudi à Matignon les différentes parties se sont entendues sur les modalités techniques du référendum d'auto-détermination prévu en 2018. Le processus sera donc suivi de très près par des députés, Manuel Valls en tête ; l’ancien premier ministre sort peu à peu de sa réserve, 11 mois après sa défaite à la primaire socialiste, 5 mois après sa victoire douloureuse aux législatives.

Bouc poivre et sel

Il donne de longues interviews comme à L’OBS la semaine dernière, il parle fort et clair dans les médias français et espagnols sur l’avenir de la Catalogne. Il déjeune avec certains journalistes, c’est toujours un signe. On verra s’il rase bientôt ce bouc poivre et sel qu’il arbore depuis l’été. Souvenez-vous, Nicolas Sarkozy s’était rasé avant de revenir en politique et Emmanuel Macron avant de lancer En Marche à Amiens. Plus sérieusement, Manuel Valls prend désormais la parole lors des réunions du groupe En Marche à l’Assemblée et la plupart des députés marcheurs en sont assez impressionnés. 

Seul ?

En tout cas, les vallsistes d’hier ne le sont plus, seuls. Confidence d'un "déçu" : "Ce qu'il est devenu ne m'intéresse que peu. Je le laisse à ses nouveaux amis marcheurs". 

Longtemps, Manuel Valls a fonctionné avec un commando. Peu étoffé mais soudé, compact, à la vie à la mort derrière Valls. Mais prenons ces lieutenants des années 2012-2017. Luc Carvounas député PS compare désormais le parcours de Manuel Valls à celui d’Eric Besson, un ex-socialiste devenu ministre de Sarkozy. Carlos Da Silva, ex-suppléant de Manuel Valls à l’Assemblée, était tête de liste PS aux sénatoriales mais Manuel Valls a soutenu une liste socialiste dissidente.

Philippe Doucet, ancien député du Val D’Oise, nous écrit aujourd’hui « Désolé, je ne parle plus de Valls, il a fait un choix, j’en ait fait un autre ». En fait, le seul vallsiste aujourd’hui, c’est Manuel Valls.

Qui pour dire du bien de Manuel Valls ?

Harold Hauzy, ancien responsable de sa communication à Matignon : "Valls le solitaire c’est un cliché qui a la peau dure. La solitude je ne sais pas ce que c’est". Et il énumère : Hamon, Cambadélis, Vallaud-Belkacem. Qui a survécu au ras-de-marée ? Manuel Valls ! Et il poursuit : "Aujourd'hui la question n'est pas d'être ministre, c'est d'être utile. C'est à dire avoir une nouvelle vision de la société en matière de République, de laïcité, de vivre-ensemble"

A entendre Harold Hauzy, Manuel Valls avait vu juste sur la sécurité, sur "j'aime l'entreprise", sur la réforme du code du travail. Pas de chance, ses intuitions ont triomphé avec Emmanuel Macron. Alors autant préparer le coup d'après : quid de l'après-Macron ? "Emmanuel Macron a des oppositions mais pas d'alternative". Après Obama il y a eu Trump".

Empêcher l'élection d'un Trump à la Française, cela vaut bien un retour au premier plan. Et de perdre quelques amis politiques en route.

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