Faut-il encore un parti spécifiquement « écologiste » ?

Les dossiers environnementaux n’ont jamais été aussi brûlants - dérèglements climatiques avec le risque de ne pas limiter le réchauffement à 2 degrés, perturbateurs endocriniens, qualité de l’air - et selon l’euro députée Verte Karima Delli « les Français aiment l’écologie, ils trient leurs déchets, économisent l’énergie, ils font attention à ce qu’ils mangent »

Au gouvernement, Nicolas Hulot est ministre d'Etat « c’est la star écolo, le croisement entre Yannick Noah et Jean-Jacques Goldman » estime Jean-Luc Benhamias ancien patron des Verts mais le paradoxe est immense car il n’y a plus de parti écolo majeur en France. Les Verts sont groupusculaires et aucun autre parti écolo n’a émergé malgré les tentatives de Benhamias, Emmanuelle Cosse ou Jean-Vincent Placé...

Faut-il encore un parti spécifiquement « écologiste » ?

Ou bien tous les autres partis doivent-ils "s'écologiser" ? La droite est en plein recul depuis les retraits de Jean-Louis Borloo, Nathalie Kosciusko-Morizet ou Chantal Jouanno, le Parti Socialiste est bien trop occupé à savoir où il habite alors que Benoît Hamon - qui a une vraie réflexion écologiste - a quitté le PS. 

En revanche, Jean-Luc Mélenchon a mis l'environnement au cœur de l’idéologie Insoumise. Reste la Majorité : le député marcheur Mathieu Orphelin proche de Nicolas Hulot et ancien Vert veut « tout faire pour que l’écologie soit au cœur du projet majoritaire, on verra si ça marche c’est toujours compliqué»

Et s'il crédite Emmanuel Macron d’une vraie prise de conscience écolo, il attend de voir pour Edouard Philippe et il a des doutes sur Jean-Yves Le Drian ministre des Affaires Etrangères ou Stéphane Travers à l’Agriculture. Quoi qu'il en soit Mathieu Orphelin regrette la disparition de députés Verts, d’un parti écolo fort qui "pousse" sur ces questions à l’Assemblée.

Les Verts doivent se réinventer

Ils y sont obligés parce que le PS qui fut longtemps leur allié va à peine mieux qu’eux mais aussi - Jean-Luc Benhamias en est persuadé - parce que les Verts ne disparaîtront pas car l’électorat écolo ne disparaîtra pas mais Mathieu Orphelin regrette qu’ils « voient le monde en blanc ou noir »

Julien Bayou, porte-parole du parti répond que les Verts sont en fin de cycle, que la période des Voynet ou Mamère est terminée, celle des « lanceurs d’alerte sur le diesel, les glyphosates ou la sortie du nucléaire » et que les Verts doivent parler avec les associations ou les syndicats. 

Pour Karima Delli il ne faut plus se perdre dans les discussions d’appareils « alors que la société etles urgences vont plus vite que le politique » elle plaide donc pour un vaste mouvement avec les citoyens et les associatifs pour travailler au niveau local et au niveau européen, comme Macron, Mélenchon, Hamon... 

Il risque d’avoir embouteillage du côté gauche alors que les écolos de type "socio démocrates" comme Jean-Luc Benhamias regardent vers la politique à l'ancienne, du côté des partis radicaux qui vont se réunifier, le plus vieux parti de France ! « Ce n'est pas le top mais il faut bien trouver un chemin » reconnaît l’un d’entre-eux.
 

Notre maison brûle mais nous regardons l'écologie politique qui cherche sa boussole. Quel paradoxe !

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