On aimerait bien savoir qui sont selon lui "les fainéants, les cyniques, les extrêmes", désignés hier dans un discours à la communauté française d'Athènes.

Qui sont ces personnes, ces forces - on ne sait pas trop - qui s'opposeraient au projet d'Emmanuel Macron de transformer la France et de refonder l'Europe ?

Quelle était la teneur générale du discours présidentiel ?

Un mot sur le cadre : nous sommes dans les jardins de l'école française d'Athènes, il fait très beau, très chaud, on entend chanter les cigales, on cherche de l'ombre sous les pins et les cyprès et le chef de l'Etat prononce un discours très raisonné, très articulé sur ce double-objectif de transformer la France et de refonder l'Europe, selon lui les deux vont de paire.

Comment la France pourra-t-elle réorienter l'Europe si elle est incapable d'évoluer en elle-même ? Et donc Macron prononce cette phrase :

Je serai d'une détermination absolue et je ne céderai rien, ni aux fainéants, ni aux cyniques, ni aux extrêmes

Qui sont les fainéants, les cyniques, les extrêmes ?

Plusieurs conseillers accompagnaient Emmanuel Macron en Grèce mais juste après le discours, leurs réponses sont restées vagues. "Ca concerne ceux qui veulent bloquer son projet européen" nous dit l'un... "Ce sont tous ceux qui bloquent en Europe et en France" nous dit un autre... "Chacun se reconnaîtra".

Certains se sont sentis visés à quatre jours de la première manifestation contre la loi travail. Tweets rageurs de Jean-Luc Mélenchon et d'autres élus de gauche ou d'élus Front National, c'est l'emballement sur les télévisions et les réseaux sociaux. Alors, quelques heures après le discours litigieux, coup de fil d'un conseiller de l'Elysée resté à Paris aux journalistes en Grèce : "Il n'y pas de volonté de désigner ad nominem, c'est une manière générale de parler de toutes les réformes structurelles qui n'ont pas été faites depuis 15 ans".

Il ne veut rien céder

Emmanuel Macron ne visait pas la CGT ou les élus de gauche ou quiconque contestera la loi travail dans la rue ou au Parlement, non.

Il ne veut rien céder à ceux qui n'ont rien fait depuis 15 ans donc aujourd'hui Emmanuel Macron ne veut rien céder à Jacques Chirac, Nicolas Sarkozy et François Hollande. Quelle détermination !

L'Elysée veut déminer et pourtant la veille face à l'Acropole, Emmanuel Macron expliquait qu'il ne fallait pas avoir peur du débat et de la confrontation. Mais son vrai problème, c'est d'être un récidiviste de la formule malheureuse : "les illettrés", "la meilleure façon de se payer un costard, c'est de travailler" ou "ceux qui ont réussi et ceux qui ne sont rien".

Peut-être avons-nous été victimes une nouvelle fois de la "pensée complexe" du Président mais si, effectivement, il visait ses prédécesseurs, ce serait une pensée ni complexe ni nouvelle. En 2009 Nicolas Sarkozy avait assumé être "plutôt omniprésident que roi fainéant".

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